La maison de l'islam

Comprendre l'islam… dans son authenticité, avec contemporanéité, des principes et des règles (donc des umûr ta'abbudiyya) concernant la présence d'hommes et de femmes dans un même lieu.

L'islam a indiqué aux hommes et aux femmes des règles à respecter lors de la présence, dans un lieu, de personnes des deux sexes et ne constituant pas les uns par rapport aux autres des proches parents.

Il y a une attirance naturelle entre l'homme et la femme, et l'islam ne demande pas de chercher à éradiquer cette attirance. Mais il demande de la canaliser, de l'éduquer. En effet, si l'attirance vers l'autre sexe et l'instinct qui en est à la base sont naturels, et si cet instinct doit s'exprimer et non être refoulé, il y a une grande différence entre le fait de l'orienter et celui de le flatter sans cesse. Ainsi, les corps n'étant pas marqués négativement, il est normal qu'entre époux et épouse on s'admire et on s'attire. Mais que des corps affichent partout en public leurs attraits aux regards, et que des regards ne se privent pas de tirer profit de ces attraits, voilà des faits qui ne peuvent manquer avoir des effets sur l'individu, la famille et la société. Combien de couples se sont ainsi séparés parce que l'un ou l'autre a été attiré par plus beau, plus belle que son époux(se). Combien, alors, de familles déchirées, d'enfants malheureux...

C'est ici qu'apparaît le réalisme de l'islam. En islam, il est demandé à l'être humain non pas seulement de vivre l'aspect extérieur et juridique des enseignements des textes, mais également de se purifier le cœur, comme le demandent ces textes . Cependant, purifier son cœur veut dire se libérer de l'excès, de l'emprise dictatoriale de l'instinct sur l'âme ; cela ne veut pas dire atteindre l'irréalisable, c'est-à-dire éteindre le désir et le sentiment, en un mot devenir un ange ou presque. Aussi, purifier son cœur de l'attirance vers l'autre sexe veut dire l'éduquer pour ne pas penser qu'à çà. Mais il est impossible de faire disparaître totalement cette attirance, elle est inscrite en l'être humain ! Dès lors, l'islam indique un certain nombre de règles à respecter pour les occasions de présence d'hommes et de femmes qui ne sont ni époux et épouses, ni proches parents ( mahârim )...

- – A) La tenue vestimentaire voulue pour les hommes et les femmes :

Voir à ce sujet mes deux articles Quelle tenue vestimentaire pour la musulmane ? et Quelle tenue vestimentaire pour le musulman ?

- – B) Se préserver d'être dans une situation où on se retrouve seuls ( al-khalwa ) dans un lieu isolé :

Le Prophète a interdit qu'un homme et une femme qui ne sont ni époux ni proches parents (mahram) se trouvent seuls dans une pièce isolée ou équivalent. Il a ainsi dit : "Un homme ne doit absolument pas se retrouver seul avec une femme..." (al-Bukhârî, 4935, Muslim, 1341). Il s'agit bien entendu d'un homme qui n'est ni le mari ni le proche parent ( mahram ) de cette femme. Cette mesure comporte un objectif de précaution évident.

– Ne tombent cependant pas sous le coup de cette règle les cas suivants :

–--- Le fait que cet homme et cette femme soient certes en aparté, mais cela non pas dans une pièce isolée mais en public (sous réserve du respect des règles C et D ).

Ainsi, une femme ansarite est venue rencontrer le Prophète et lui demander de lui parler en aparté, ce à quoi le Prophète consentit . Ce hadîth a été rapporté par al-Bukhârî (n° 4936), qui titre : "Du fait qu'il est permis qu'un homme et une femme soient en aparté, quand cela est en public" . Al-Muhallab souligne que cette femme a parlé au Prophète de sorte que personne d'autre ne puisse entendre ses propos, mais sans qu'ils cessent d'être au vu de tous les autres, et qu'il ne s'agit donc pas du cas interdit ( Fat'h ul-bârî ).

–--- Le fait que cet homme et cette femme soient certes dans une pièce isolée, mais qu'ils n'y soient pas seuls . A cet effet : –----- Le mieux est que ce soit un proche parent ( mahram ) de cette femme qui soit présent avec eux. C'est ce que dit le Hadîth complet dont j'ai cité une partie plus haut : "Un homme ne doit absolument pas se retrouver seul avec une femme. Mais qu'il y ait, présent auprès d'elle, un de ses proches parents " (al-Bukhârî, 4935, Muslim, 1341). –----- Sinon, au moins que cet homme ne se rende pas seul mais accompagné d'un ou de deux autres hommes pieux et de bonnes mœurs : le Prophète a ainsi dit dans un autre hadîth : "Après aujourd'hui, qu'un homme ne se rende pas auprès d'une femme dont le mari est absent, sauf s'il est accompagné d'un autre homme et de deux autres hommes " (Muslim, 2173). An-Nawawî souligne que ce hadîth s'applique uniquement à des hommes pieux et dignes de confiance ( Shar'h Muslim ). –----- Ibn Hajar et an-Nawawî sont d'avis que le fait qu'un groupe de femmes de bonnes mœurs soit présent auprès de la femme auquel cet homme rend visite fait également qu'on ne tombe pas dans le cas interdit ( Fat'h ul-bârî , 4/100, et Al-Majmû' , 4/176).

- – C) Eviter les mélanges sans limites :

Différents hadîths du Prophète nous enseignent qu'il faut également éviter, par mesure de précaution, les mélanges sans limites des hommes et des femmes ( al-muzâhama ). Ainsi, étant un jour sorti de sa mosquée, le Prophète vit que musulmans et musulmanes s'étaient mélangés totalement dans le chemin. Il rappela alors qu'il fallait éviter cela (Abû Dâoûd, 5272).

A l'intérieur de sa mosquée à Médine, il avait d'ailleurs établi que les hommes prieraient dans les rangées du devant, les femmes dans celles de derrière (sens d'un hadîth rapporté par Muslim).

Il ne s'agit pas de "faire un apartheid des hommes et des femmes", mais d'éviter que tout le monde se touche. Car des dérapages se produisent hélas, on le voit dans tous les pays du monde : ce n'est pas seulement en Malaisie (pays musulman), mais aussi dans certaines villes du Japon et du Brésil qu'ont été aménagés des wagons réservés aux femmes ; au Royaume-Uni le projet est à l'étude . Au Mexique il existe des bus réservés aux femmes.

- – D) Généralités :

En plus de ces règles, il y a des principes qu'il ne faut pas négliger : –--- l'intention doit être bonne (c'est-à-dire conforme aux règles de l'islam), –--- les regards doivent rester dans le cadre de ce que l'islam a dit aussi bien aux femmes qu'aux hommes ( voir notre page à ce sujet ), –--- les propos tenus lors de ce genre d'assemblées doivent être conformes aux règles de l'éthique musulmane ( voir notre page à ce sujet ).

- – E) Principe de précaution :

Abû Chuqqa pense qu'il faut éviter les conversations qui sont faites de façon longue et répétée avec la même personne ; cela par mesure de précaution, sadd udh-dharî'a , précise-t-il. Sauf si on ne peut faire autrement, précise-t-il aussi ( Tahrîr ul-mar'a fî 'asr ir-rissâla , 2/96-97).

- – F) Au cas où certaines des règles sus-évoquées ne sont pas appliquées dans le Réel :

Il faut alors procéder à une évaluation ( Muwâzana ) entre la Mafsada que constitue l'absence de cette ou ces règle(s), et la Maslaha recherchée en étant présent ( Tahrîr ul-mar'a fî 'asr ir-rissâla , 2/101-102). Ainsi, il est attendu que lorsqu'on est salarié dans une entreprise qui ne respecte pas certaines des règles sus-évoquées et qu'on n'a pas d'autre travail, on fera avec la situation existante, en faisant attention à soi-même.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

  • ← Le prénom de la femme doit-il être caché des hommes ?
  • L'islam dit-il que la femme ne doit pas sortir de chez elle ? →

Automated page speed optimizations for fast site performance

Couverture Le Point N°2684 - Jeudi 11 janvier 2024

Lire le numéro

  • Mes favoris
  • Mes alertes et mes newsletters
  • Mes commentaires
  • Mon abonnement
  • Se déconnecter

Appuyez sur la touche échap pour fermer la recherche.

L'islam selon Tareq Oubrou #5 : les règles et les principes

VIDÉO. Les règles et l'éthique sont deux choses différentes. Explications de l'imam de Bordeaux, qui prend pour exemple l'égalité entre hommes et femmes.

Par Pauline Tissot

regle a respecter dans lislam

Temps de lecture : 1 min

L'article a été ajouté à vos favoris

  • Google News
  • Copier le lien

Tous les soirs à 18h

Recevez l’information analysée et décryptée par la rédaction du Point.

Votre adresse email n'est pas valide

Veuillez renseigner votre adresse email

Merci ! Votre inscription à bien été prise en compte avec l'adresse email :

Pour découvrir toutes nos autres newsletters, rendez-vous ici : MonCompte

En vous inscrivant, vous acceptez les conditions générales d’utilisations et notre politique de confidentialité .

Au cours de l'histoire, la place de la femme dans les communautés de confession musulmane a évolué. « À l'époque du Prophète (570-632 apr. J.-C., NDLR), explique Tareq Oubrou , imam de Bordeaux et auteur du livre  Ce que vous ne savez pas sur l'islam, le Coran a négocié le principe d'égalité métaphysique entre les hommes et les femmes en fonction du contexte des populations arabes de l'époque. Un contexte patriarcal et tribal où le pouvoir politique et économique était lié à la force musculaire. L'égalité de principe était de fait difficile à réaliser. »

« La femme d'hier n'est plus la femme d'aujourd'hui ! »

Comme l'égalité, la dignité et le respect d'autrui sont deux autres principes immuables qui composent l'éthique ou la morale de l'islam. « Cette éthique est ensuite traduite – ou pas – dans la société par la coutume et la culture, qui peuvent évoluer dans le temps. Ce qu'on appelle les règles dans l'islam, poursuit le recteur de la mosquée de Bordeaux. À ne pas confondre avec les principes éthiques qui, eux, ne changent pas en fonction des sociétés. »

Ainsi, selon Tareq Oubrou, l'ancienne règle de l'infériorité de la femme par rapport à l'homme ne vaut plus dans les sociétés d'aujourd'hui. « La femme d'hier n'est plus la femme d'aujourd'hui ! Les progrès technologiques et de la médecine ont fait que la femme n'a plus besoin de la force musculaire pour accéder au pouvoir politique et économique. Donc, aujourd'hui, le droit ou la règle canonique, en matière d'héritage ou d'accès aux responsabilités par exemple, doit se déplacer en fonction des évolutions anthropologiques ! » Sans doute un rappel à l'ordre vis-à-vis des esprits un peu trop conservateurs.

Consultez notre dossier : L’islam selon Tareq Oubrou

Signaler un contenu abusif

Code erroné

Voir les conditions d'utilisation

Commentaires (22)

Oui en effet avant d'aller plus lin est ce bien le même personnage... !

Peut être serait- il sage d'en demander le quitus au Recteur de l'Université EL Azhar du Caire qui fait foi en matière de dogme coranique.

Trop de français se sont battu et sont mort pour que les religions restent dans le domaine privé, voir individuel. Point, point et point. Je me battrai s'il le faut pour que cela reste la loi dans notre pays.

  • Enseignement

Les cinq piliers de l'islam

Publié le 26/01/2016 • Modifié le 19/09/2023

regle a respecter dans lislam

Il n’y a pas de Lumniz à gagner car tu as déjà consommé cet élément. Ne t'inquiète pas, il y a plein d'autres contenus intéressants à explorer et toujours plus de Lumniz à gagner.

L’ islam comporte cinq exigences fondamentales : les cinq piliers de l’islam. Ce sont les devoirs que tout musulman doit appliquer. Gros plan sur chacune de ces obligations rituelles.

1. La profession de foi

Le premier, et le plus important, est la profession de foi . L’islam qui signifie soumission et vient du mot « paix » est considéré par les musulmans comme la réaffirmation de la même vérité qui fut révélée aux chrétiens et aux juifs : la croyance en un Dieu unique.

La foi fut révélée par le biais des prophètes de Dieu, parmi lesquels Moïse et Jésus, ou Musa et ‘Isa ainsi qu’on les appelle en arabe. Les musulmans croient que le dernier message de Dieu, le plus universel, a été révélé au dernier des prophètes, le prophète Mahomet . La croyance en ce Dieu unique est la base de la religion islamique.

2. La prière

Dans l’islam, la prière exprime la foi à travers la communication personnelle avec Allah. La prière peut s’effectuer dans l’intimité ou en public. Chaque musulman doit effectuer quotidiennement cinq prières en direction de la Mecque, la Fara'idh . Ces prières sont rythmées en fonction de l'emplacement naturel, à l'aube, à la mi-journée, l'après-midi, au coucher du soleil et le soir. Toutefois, les textes tollèrent selon les contraintes des pratiquants (par exemple le travail) d'effectuer les cinq prières en dehors de ce rythme. La prière commune du vendredi à midi — salat al-juma’a — est un devoir pour chaque musulman. Elle est conduite par un imam , littéralement « celui qui se tient devant », et qui peut être n’importe quel membre respecté de la communauté. Il prononce à cette occasion une khutba , un sermon.

La salât , salâh (صلاة [ṣalāʰ]) ou namaz , désigne la prière islamique, second des cinq piliers de l'islam. Chaque musulman est tenu d'effectuer cinq prières quotidiennes obligatoires ( farâ'idh ), tourné vers la qibla, qui est la direction de la Kaaba de La Mecque . La prière est constituée de rakaat (unité de prière) en fonction de la prière effectuée (Fajr, Dohr, 'Asr, Maghreb ou encore 'Icha) ce nombre varie de 2 à 4 rakaat . Une rakaat se compose de la sourate Al-Fatiha et d'une autre sourate (de son choix) d'une inclinaison et de deux prosternations.

Image contenu

3. L'aumône

L’ aumône envers les pauvres et les nécessiteux occupe une place importante dans l’islam. Parmi toutes les manières possibles de faire l’aumône, la plus formelle consiste à payer un impôt, la zakat , l'un des cinq piliers de l’islam. Le montant de la zakat que doit verser une personne est un pourcentage de sa fortune. L’impôt est ensuite réparti entre les pauvres, mais il peut également servir à aider d’autres membres de la société dans le besoin.

4. Le jeune du mois de ramadan

Mahomet reçut la première révélation du Coran durant le neuvième mois lunaire, celui de Ramadan . Ce mois possède donc une signification particulière dans l’islam. Chaque jour durant le mois de Ramadan, les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil ; ils s’abstiennent de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles. Toutefois, bien que ce  jeûne , sawm , soit l'un des piliers de l’islam, ceux qui sont trop malades, les femmes enceintes et les très jeunes enfants peuvent en être dispensés.

5. Le pélerinage

Le dernier des piliers de l’islam est le pèlerinage , hadjdj . Tous les musulmans ont pour objectif d’accomplir une fois dans leur vie si leurs finances et leur santé le leur permettent. Le hadjdj  comporte une série de rites qui se déroulent chaque année à la mosquée sacrée de La Mecque et dans les régions voisines de Mina, Muzdalifa et Arafat. Un pèlerinage plus court à  La Mecque , appelé umra , fait partie du hadjdj , mais il peut s’effectuer dépendamment, à tout moment de l’année.

Ce contenu est proposé par

France Télévisions

Gagne des Lumniz, passe de niveau en niveau et révèle tes talents en remportant des défis !

regle a respecter dans lislam

Rejoins-nous dans la communauté Lumni pour encore plus de fun ! Si tu n’en as pas, crée ton compte : c'est gratuit .

regle a respecter dans lislam

  • Page d'accueil
  • Preuves que l'islam est la vérité
  • Les bienfaits de l'islam
  • Les croyances de l'islam
  • Comment se convertir à l'islam
  • L'adoration et la pratique religieuse
  • L'au-delà
  • Histoires de musulmans convertis
  • Religion comparée
  • Le prophète Mohammed
  • Sujets actuels
  • Histoire de l'islam
  • Le système d'ordre dans l'islam

Preuves que l'islam est la vérité 138 Articles

  • Les miracles scientifiques du Coran 13 Articles
  • Les miracles scientifiques que l'on retrouve dans les paroles du prophète Mohammed 2 Articles
  • Mohammed dans la Bible et dans les autres Écritures 4 Articles
  • L'authenticité et la préservation du Coran 21 Articles
  • Preuves que Mohammed était un véritable prophète 26 Articles
  • Preuves logiques 38 Articles
  • L'existence de Dieu 53 Articles

Les bienfaits de l'islam 56 Articles

  • La voie vers le Paradis éternel 3 Articles
  • Une sauvegarde contre le feu de l'Enfer 1 Articles
  • Le véritable bonheur et la paix intérieure 23 Articles
  • Le pardon pour tous les péchés commis dans le passé 1 Articles
  • Les bienfaits pour la société 14 Articles
  • Les bienfaits pour la science et la civilisation 7 Articles
  • Ce qu'on a dit sur l'islam, Mohammed et le Coran 7 Articles

Les croyances de l'islam 192 Articles

  • Qu'est-ce que l'islam? 16 Articles
  • Les six piliers de la foi et autres croyances islamiques 43 Articles
  • À propos de Dieu 50 Articles
  • Le pourquoi de la vie 22 Articles
  • Histoires des prophètes 63 Articles

Comment se convertir à l'islam 13 Articles

  • Comment se convertir à l'islam et devenir musulman(e) 13 Articles

L'adoration et la pratique religieuse 103 Articles

  • Les cinq piliers de l'islam et autres actes d'adoration 45 Articles
  • Morale et pratiques islamiques 58 Articles

L'au-delà 33 Articles

  • Le Paradis 8 Articles
  • L'Enfer 9 Articles
  • Le voyage de l'âme après la mort 12 Articles
  • Le jour du Jugement et ses signes 7 Articles

Histoires de musulmans convertis 252 Articles

  • Hommes 85 Articles
  • Femmes 124 Articles
  • Prêtres et personnalités religieuses 18 Articles
  • Personnalités 28 Articles

Religion comparée 126 Articles

  • Jésus 53 Articles
  • La Bible 21 Articles
  • Le christianisme 23 Articles
  • Marie 10 Articles
  • Le judaïsme 17 Articles
  • Hinduismus 5 Articles
  • La tolérance en islam 6 Articles

Le Coran 143 Articles

  • L'authenticité et la préservation du Coran 26 Articles
  • Les joyaux du Coran 24 Articles
  • Un résumé du sens de ses versets 80 Articles

Le prophète Mohammed 93 Articles

  • Les perles tirées de ses paroles 15 Articles
  • Ses caractéristiques 17 Articles
  • Sa biographie 15 Articles
  • Preuves qu'il était un véritable prophète 26 Articles
  • Ses paroles 2 Articles
  • Geschichten seiner Gefährten 20 Articles

Sujets actuels 80 Articles

  • Droits de l'homme 9 Articles
  • Le jihad et le terrorisme 2 Articles
  • Femmes 36 Articles
  • L'islam et les non-musulmans 21 Articles
  • Sectes que l'on attribue à l'islam 12 Articles

Histoire de l'islam 20 Articles

  • En bref 15 Articles
  • En détail 5 Articles

Le système d'ordre dans l'islam 72 Articles

  • La famille 18 Articles
  • La politique 3 Articles
  • L'économie 11 Articles
  • La justice 6 Articles
  • Crime et châtiment 6 Articles
  • Santé et nutrition 15 Articles
  • L'environnement 13 Articles

Regard sur l'islam

  • Afficher les commentaires
  • Contactez-nous
  • Morale et pratiques islamiques

La moralité et l’éthique, en islam

Description: la place qu’occupe la moralité, en islam, et son lien avec l’adoration..

  • par Khalid Latif (édité par IslamReligion)
  • Publié le 26 Mar 2012
  • Dernière mise à jour le 26 Mar 2012
  • imprimés: 174
  • Lus: 27,944 (moyenne quotidienne: 6)
  • Évaluation: aucun
  • Évalué par: 0
  • Commentés: 0

Morality_and_Ethics_in_Islam_001.jpg

Vu son importance dans une société saine, l’islam encourage la moralité et tout ce qui y mène et s’oppose à la corruption et à tout ce qui y mène.  Le principe directeur du comportement du musulman est l’action vertueuse; ce terme s’applique à toutes les actions et non seulement aux actes d’adoration.  Et le juge de toute action est Dieu Lui-même.

Les qualités les plus fondamentales du musulman sont la piété et l’humilité.  Le musulman doit se montrer humble devant Dieu et devant les gens :

 « Ne détourne pas ton visage de tes semblables par  mépris (envers eux) et ne foule pas la terre avec insolence; car Dieu n’aime pas l’arrogant infatué de sa personne.  Sois plutôt modeste dans ta démarche, et abaisse le ton de ta voix, car la plus détestée des voix, c’est bien celle de l’âne! » (Coran 31:18-19)

Le musulman doit constamment exercer un contrôle sur ses passions et ses désirs.  Il  doit éviter d’être vaniteux ou d’être trop attaché aux plaisirs éphémères de la vie d’ici-bas.  Tandis que la majorité des gens permettent à leur amour des choses matérielles de prendre toute la place, dans leur cœur, le musulman doit apprendre à accorder une grande place à Dieu, dans son cœur, et à ne voir les choses matérielles que comme des nécessités de la vie.  Plutôt que de s’attacher à sa voiture, à son emploi, à ses diplômes et à son compte bancaire, il voit ces choses comme des outils qui peuvent, peut-être, l’aider à devenir une meilleure personne.

 « … le jour où ni ses biens ni ses enfants ne seront d’aucune utilité (à l’homme), et où seul se réjouira celui qui viendra à Dieu avec un cœur pur. » (Coran: 26:88-89)

Principes de moralité en islam

Dieu résume ce qu’est la vertu dans le verset 177 de la sourate al-Baqarah :

 « La piété ne consiste pas à tourner vos visages vers l’Est ou l’Ouest ; mais pieux est celui qui croit en Dieu et au Jour dernier, aux anges, au Livre et aux prophètes, et qui donne ses biens, par amour pour Dieu, à ses proches, aux orphelins, aux indigents, aux voyageurs, à ceux qui demandent (de l’aide) et pour libérer des esclaves ; [et pieux est celui] qui observe assidûment ses prières et qui paie la zakat.  Et [sont pieux] ceux qui respectent leurs engagements lorsqu’ils s’engagent, et ceux qui sont patients en période de tribulations, d’adversité et de grande tension.  Les voilà, ceux qui sont sincères et les voilà ceux qui craignent vraiment Dieu. »

Ce verset nous enseigne que la piété et la vertu sont d’abord et avant tout fondées sur une foi vraie et sincère.  La clef de la vertu et du bon comportement est une relation étroite avec Dieu, qui nous voit tous, à chaque instant, peu importe où nous nous trouvons.  Il connaît les secrets de nos cœurs et les intentions derrière chacune de nos actions.  Par conséquent, le musulman doit faire preuve de moralité en toutes circonstances; Dieu sait tout, même quand personne d’autre ne sait.  Même si nous arrivons à tromper tout le monde, nous ne pouvons jamais tromper Dieu.  Et même si nous arrivons à fuir tout le monde, nous ne pouvons jamais fuir Dieu.  L’amour et la conscience de Dieu que nourrit l’homme, dans son cœur, de même que la certitude du Jour du Jugement l’amènent à faire preuve de moralité, dans son comportement de tous les jours, et à développer une véritable sincérité, dans ses intentions.  Dieu dit, dans le Coran :

  « Certes, le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est celui qui a la meilleure conduite. » (Coran 49:13)

Viennent ensuite, comme comportements pieux, la charité envers les moins nantis et surtout, le fait de donner de nos biens auxquels nous sommes attachés.  Cela, de même que d’autres actes comme la prière et la zakah (charité annuelle obligatoire), fait partie intégrante de l’adoration de Dieu.  Par ailleurs, une personne vertueuse doit toujours être fiable et honnête.

Enfin, la foi doit être inébranlable et ne doit pas diminuer lorsque la personne traverse de lourdes épreuves.  La moralité d’une personne doit être forte pour lui permettre de vaincre toutes les formes de corruption

  « Dieu aime ceux qui sont patients. » (Coran 3:146)

La patience est à la fois plus difficile et plus admirable lorsqu’elle est exercée à l’encontre de ses propres désirs ou de sa colère :

 « Et rivalisez les uns avec les autres pour obtenir le pardon de votre Seigneur, et pour un Paradis aussi large que les cieux et la terre, préparé pour les pieux, qui dépensent [de ce que Dieu leur a donné], dans l’aisance comme dans l’adversité, qui contrôlent leur colère et qui pardonnent à autrui.  Dieu aime les bienfaisants. » (Coran 3:133-4)

Ces trois actes (la charité, le contrôle de la colère et le pardon) sont parmi les plus difficiles pour la plupart des gens, mais ils sont aussi la clef pour recevoir le pardon de Dieu et entrer au Paradis.  Ne font-ils pas partie des meilleurs, ceux qui donnent en charité alors qu’ils sont eux-mêmes dans le besoin, qui arrivent à se contrôler lorsqu’ils sont en colère et qui pardonnent à ceux qui leur causent du tort?

En faisant en sorte que l’unique objectif de tout musulman soit de faire plaisir à Dieu, l’islam a établi les plus hautes normes de moralité.  Et c’est sur la base de ces normes que l’on doit juger si une action est bonne ou mauvaise.

La moralité, en islam, touche à toutes les sphères de la vie du musulman.  Elle est universelle dans sa portée et son applicabilité.  Le musulman doit non seulement être vertueux, mais doit aussi enjoindre la vertu.  Il ne doit pas seulement éviter le mal et le vice, il doit aussi en éloigner les autres, dans la mesure du possible.  En d’autres termes, il doit non seulement être moralement sain, il doit aussi contribuer à la santé morale de la société dans laquelle il vit.  Dieu dit, dans le Coran :

 « Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait naître pour les hommes; vous enjoignez le bien et interdisez le blâmable, et vous croyez en Dieu.  Et si les gens du Livre avaient cru, cela aurait mieux valu pour eux.  Certains d’entre eux sont croyants; mais la plupart d’entre eux sont des transgresseurs. » (Coran: 3:110)

Le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a ainsi résumé le comportement du musulman :

 « Celui qui subvient à mes besoins m’a transmis neuf commandements : demeurer conscient de Dieu, en privé comme en public; parler avec honnêteté, que l’on soit en colère ou de bonne humeur; être modéré, que l’on soit pauvre ou riche; renouer avec les amis qui ont cessé de nous parler; donner à ceux qui refusent de nous donner; que nos silences soient meublés de réflexion; que mon regard soit un avertissement; et commander le bien, autour de soi. »

Ajouter un commentaire

  • Pays:: Choisissez le pays Afghanistan Albania Antarctica Algeria American Samoa Andorra Angola Antigua and Barbuda Azerbaijan Argentina Australia Austria Bahamas Bahrain Bangladesh Armenia Barbados Belgium Bermuda Bhutan Bolivia, Plurinational State of Bosnia and Herzegovina Botswana Bouvet Island Brazil Belize British Indian Ocean Territory Solomon Islands Virgin Islands, British Brunei Darussalam Bulgaria Myanmar Burundi Belarus Cambodia Cameroon Canada Cape Verde Cayman Islands Central African Republic Sri Lanka Chad Chile China Taiwan, Province of China Christmas Island Cocos (Keeling) Islands Colombia Comoros Mayotte Congo Congo, the Democratic Republic of the Cook Islands Costa Rica Croatia Cuba Cyprus Czechia Benin Denmark Dominica Dominican Republic Ecuador El Salvador Equatorial Guinea Ethiopia Eritrea Estonia Faroe Islands Falkland Islands (Malvinas) South Georgia and the South Sandwich Islands Fiji Finland Åland Islands France French Guiana French Polynesia French Southern Territories Djibouti Gabon Georgia Gambia Palestine Germany Ghana Gibraltar Kiribati Greece Greenland Grenada Guadeloupe Guam Guatemala Guinea Guyana Haiti Heard Island and McDonald Islands Holy See (Vatican City State) Honduras Hong Kong Hungary Iceland India Indonesia Iran, Islamic Republic of Iraq Ireland Israel Italy Côte d'Ivoire Jamaica Japan Kazakhstan Jordan Kenya Korea, Democratic People's Republic of Korea, Republic of Kuwait Kyrgyzstan Lao People's Democratic Republic Lebanon Lesotho Latvia Liberia Libya Liechtenstein Lithuania Luxembourg Macao Madagascar Malawi Malaysia Maldives Mali Malta Martinique Mauritania Mauritius Mexico Monaco Mongolia Moldova, Republic of Montenegro Montserrat Morocco Mozambique Oman Namibia Nauru Nepal Netherlands Curaçao Aruba Sint Maarten (Dutch part) Bonaire, Sint Eustatius and Saba New Caledonia Vanuatu New Zealand Nicaragua Niger Nigeria Niue Norfolk Island Norway Northern Mariana Islands United States Minor Outlying Islands Micronesia, Federated States of Marshall Islands Palau Pakistan Panama Papua New Guinea Paraguay Peru Philippines Pitcairn Poland Portugal Guinea-Bissau Timor-Leste Puerto Rico Qatar Réunion Romania Russian Federation Rwanda Saint Barthélemy Saint Helena, Ascension and Tristan da Cunha Saint Kitts and Nevis Anguilla Saint Lucia Saint Martin (French part) Saint Pierre and Miquelon Saint Vincent and the Grenadines San Marino Sao Tome and Principe Saudi Arabia Senegal Serbia Seychelles Sierra Leone Singapore Slovakia Viet Nam Slovenia Somalia South Africa Zimbabwe Spain South Sudan Sudan Western Sahara Suriname Svalbard and Jan Mayen Eswatini Sweden Switzerland Syrian Arab Republic Tajikistan Thailand Togo Tokelau Tonga Trinidad and Tobago United Arab Emirates Tunisia Turkey Turkmenistan Turks and Caicos Islands Tuvalu Uganda Ukraine North Macedonia Egypt United Kingdom Guernsey Jersey Isle of Man Tanzania, United Republic of United States Virgin Islands, U.S. Burkina Faso Uruguay Uzbekistan Venezuela, Bolivarian Republic of Wallis and Futuna Samoa Yemen Zambia

(Non montré au public)

  • Commentaire: *

Votre commentaire sera vérifié, puis publié dans les 24 heures.

Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires.

Autres articles dans la même catégorie

article

article Catégories

Les plus lus, sélection de l´editeur, contenu de la liste, plus populaires, vos favoris.

Votre liste de favoris est vide. Vous pouvez ajouter des articles à cette liste en utilisant la boîte à outils.

Votre historique

Votre liste d'historique est vide.

Fermer

Connexion de l'utilisateur

regle a respecter dans lislam

Récupérer votre mot de passe

Mot de passe oublié? Aucun problème. Indiquez-nous simplement votre adresse e-mail et nous vous enverrons par e-mail un lien de réinitialisation de mot de passe qui vous permettra d'en choisir un nouveau.

Inscription

Pourquoi vous inscrire? Ce site web contient de nombreux outils personnalisés pensés spécialement pour vous, comme: vos favoris, votre historique, l'identification des articlesque vous avez lus, l'affichage des articles apparus depuis votre dernière visite, la modification de la police de caractères, et plus encore.   Ces fonctions sont basées sur des cookies et ne fonctionneront correctement que si vous utilisez toujours le même ordinateur.   (Pour activer ces fonctions à partir de n'importe quel ordinateur, vous devez vous connecter une fois sur le site.) Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires.

Les champs ci-dessous sont facultatifs

  • Direkt zur Startseite springen
  • Direkt zur Navigation springen
  • Direkt zum Inhalt springen
  • Direkt zur Kontakt-Seite springen
  • Direkt zur Sitemap springen
  • Direkt zur Suche springen

SpracheInaktiv

  •  ›  Plateforme d'information
  •  ›  #Droitshumains
  •  ›  #Religion
  •  ›  Dossier
  •  ›  Foyers de tensions
  •  ›  Droits des femmes

Islam & droits humains - Dossier

Le statut de la femme et de l’homme en droit islamique

  • Droit musulman
  • Déclarations islamiques des DH
  • Droits humains dans l'Islam
  • Liberté de religion/minorités religieuses
  • Liberté d'expression
  • Droits des femmes
  • Droits de l'enfant
  • Châtiments corporels
  • Homosexualité
  • Autres contradictions
  • Islam européen
  • La charia en Europe
  • Islamophobie

Dans les pays islamiques, le droit de la famille émane de trois sources: le droit positif, le droit islamique classique et le droit coutumier (urf). Le droit de la famille a certes été codifié au XXe siècle et incorporé au droit positif, à l’instar d’autres domaines juridiques, comme le droit pénal. Mais il reste le domaine qui contient le plus grand nombre de renvois au droit islamique classique, car il n’a pratiquement pas été modifié, ni pendant la colonisation ni pendant l’ère postcoloniale. Dans la majorité des pays, la constitution renvoie, dans son préambule, aux normes du droit islamique classique pour toutes les questions que le droit positif ne régit pas.

Contexte politique du droit de la famille

Le droit de la famille des pays islamiques contient de nombreuses dispositions discriminatoires envers les femmes, car il se fonde sur une conception hiérarchique des rôles des hommes et des femmes. Si divers pays musulmans ont lancé des réformes durant le XXe siècle, les milieux conservateurs s’y sont toutefois souvent opposés, y voyant une attaque contre le droit islamique et ses valeurs. Le droit de la famille suscite par conséquent toujours des débats sur l’identité culturelle et religieuse. La réislamisation entreprise par quelques États islamiques dans la seconde moitié du siècle passé a empêché toute réforme du droit de la famille et, par conséquent, tout progrès dans l’égalité entre femmes et hommes.

Dans l’Islam, le mariage est un contrat entre un homme et une femme, les deux devant en principe être consentants.

Si les mariages arrangés sont de fait devenus plus rares en ville, ils restent cependant fréquents à la campagne, avec ou sans le consentement des futurs époux (on parle alors dans ce dernier cas de mariage forcé).

Dans de nombreuses régions, la femme est mise sous la tutelle d’un homme (appelé wali, généralement le père), dont elle doit obtenir le consentement pour pouvoir se marier. Si le tuteur refuse de donner son accord, seul un juge peut outrepasser sa décision et autoriser le mariage.

Âge nubile

Dans le droit islamique classique, la nubilité est atteinte à la puberté, mais l’âge nubile effectif varie selon l’école juridique, et le droit positif peut prévoir un âge minimal plus avancé. Il n’en reste pas moins que dans de nombreux États islamiques, le mariage est autorisé à partir d’un très jeune âge, surtout pour les filles (voir Les droits de l’enfant dans l’Islam). Et même lorsque le droit positif prévoit un âge nubile plus avancé, le mariage contracté à un plus jeune âge selon le droit islamique n’est pas annulé, de sorte que le mariage d’enfants reste possible.

Mariage après un viol

Les normes pénales qui acquittent les violeurs s’ils épousent leur victime sont particulièrement problématiques. Cette disposition, en vigueur dans de nombreux pays islamiques, a pour but de sauvegarder l’honneur de la famille, mais ne fait guère cas du consentement de la femme ou de la fille.

Le Coran permet à un homme d’avoir quatre épouses s’il a les moyens de les traiter sur un pied d’égalité. Dans leur train de réformes, certains États comme l’Égypte (en 2000) et le Maroc (en 2004) ont introduit des restrictions dans le droit de la famille. Ils exigent notamment le consentement de la première femme pour les mariages supplémentaires. Par ailleurs, un juge doit s’assurer que l’homme dispose de moyens économiques suffisants pour assumer sa polygamie. Il reste à savoir si la première femme a réellement les moyens de s’opposer à un autre mariage, eu égard aux conséquences que ce refus peut avoir. La Turquie et la Tunisie interdisent la polygamie.

Mariage temporaire

Une particularité des chiites est le mariage temporaire. En Iran, cette formule est admise par la loi et l’homme a le droit de contracter un nombre illimité de mariages temporaires. Le statut de la femme qui contracte un mariage temporaire est inférieur à celui de la femme qui contracte un mariage classique, puisque le mari n’est pas obligé de subvenir à ses besoins. Étant donné que ce mariage peut être conclu sans témoin ni juge, la femme aura de la peine à en prouver l’existence si le mari le conteste. Dans les régions chiites, les prostituées travaillent sous le couvert du mariage temporaire et se retrouvent ainsi dans une situation particulièrement précaire, car la prostitution est illégale.

Élément essentiel du contrat de mariage, la dot (mahr, en arabe) doit être versée directement à la femme (et pas au père ou au tuteur, par ex.), du moins en théorie.  Les opinions sur la fonction de la dot divergent. Pour certains, elle garantit l’indépendance financière de la femme après un divorce. En cas de divorce, elle peut faire office de «peine conventionelle», de façon à dissuader l'homme d’abuser de son droit de divorcer. Pour d’autres, la dot est une tradition dépassée qui ravale la femme au rang d’objet.

Partage des rôles et droit de correction

En droit islamique, l’homme et la femme ont des droits et des devoirs l’un envers l’autre. L’obligation principale du mari est de subvenir aux besoins de la femme, qui, même si elle dispose d’une fortune, n’est pas obligée de l’apporter au ménage.

Controversée et très discutée, la sourate 4:34 du Coran permet à l’homme, en vertu de son autorité, d’infliger des punitions corporelles à sa femme si celle-ci lui désobéit. En conséquence, la femme a une obligation d’obéissance envers son mari, qui s’étend à la tenue du ménage et l’éducation des enfants, mais aussi au droit de voyager ou de travailler, pour lequel il lui faut une autorisation du mari. Si l’homme ne subvient pas à ses besoins, la femme peut refuser de lui obéir, et inversement, si la femme n’honore pas ses obligations, l’homme n’est pas tenu de subvenir à ses besoins.

Mariage mixte

Le droit islamique classique permet à un musulman d’épouser une chrétienne ou une juive, mais l’inverse n’est pas admis. Une femme musulmane ne peut épouser une personne d’une autre religion, de sorte que les mariages civils contractés à l’étranger entre une musulmane et un non-musulman ne sont généralement pas reconnus dans l’État d’origine.

Si le droit traditionnel islamique reconnaît le droit au divorce, la portée de ce droit n’est pas la même pour les hommes que pour les femmes. Dans certains États, l’homme marié peut divorcer en prononçant trois fois une formule ad hoc, souvent sans autorisation judiciaire. Une femme mariée n’est en revanche en droit de le faire que dans certaines situations précises (en cas de stérilité du conjoint ou quand son mari lui a «délégué» le droit de divorcer, par ex.) et avec l’accord du tribunal.

La femme a par ailleurs la possibilité de demander le divorce selon une modalité appelée khul, à laquelle le mari doit donner son consentement. Souvent, ce dernier accepte à condition que son épouse restitue sa dot ou qu’elle y renonce, ce qui rend le divorce très difficile pour la femme, car le droit islamique ne prévoit pas de pension alimentaire.

Quelques pays ont entrepris des réformes juridiques pour améliorer le statut de la femme. Ils ont ainsi supprimé le divorce par répudiation (qui donne la possibilité à l’homme de divorcer en prononçant une simple formule), adopté l’obligation de verser une pension alimentaire et édicté des dispositions pour empêcher que la femme répudiée soit chassée du domicile familial. Souvent, ces améliorations n’ont cependant guère d’impact sur les pratiques dans les régions rurales.

La femme reste l’inférieure de l’homme dans tous les pays islamiques, et ce constat est valable non seulement pour le droit du divorce, mais aussi pour le droit de garde des enfants.

Le contrat de mariage, une solution?

Les contrats de mariage sont un instrument essentiel pour réduire un tant soit peu l’inégalité de traitement des femmes dans le mariage et le divorce. Certains contrats prévoient ainsi le droit pour la femme de voyager ou régissent la question de la polygamie. Si le mari ne respecte pas le contrat, la femme a dans la majorité des cas le droit de divorcer. Bien que le statut juridique de la femme s’améliore quelque peu grâce à ces contrats, l’on est encore manifestement loin d’une réelle égalité de traitement.

Droit successoral islamique

Le droit successoral prévoit toujours des inégalités de traitement pour les membres de la parenté proche de sexe féminin que sont la femme, la mère, les filles et les sœurs. Pour justifier ces inégalités, on invoque le fait que, dans une famille musulmane, toutes les obligations de nature financière incombent aux hommes. Le partage de la succession entre frères et sœurs illustre cette discrimination: la part d’héritage des hommes est deux fois plus importante que celle des femmes.

Autres inégalités de traitement

Dans certains pays, les femmes ont le devoir de respecter des codes vestimentaires ou de se soumettre à des règles de ségrégation entre les sexes, notamment dans le domaine de l’éducation. Les femmes sont parfois exclues de la vie publique, voire de la fonction publique. Devant les tribunaux, le statut de la femme est nettement inférieur à celui de l’homme, notamment lorsqu’elle doit déclarer comme témoin ou lorsqu’il s’agit de calculer le montant d’une indemnité. Souvent, ses déclarations valent la moitié moins que celles d’un homme.

Réserves émises à l’égard de la CEDEF

Tous les États ou presque ont ratifié la Convention pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF). La majorité des pays musulmans ont cependant formulé de nombreuses réserves et invoqué la primauté du droit islamique. C’est le cas du Royaume d’Arabie saoudite, qui l’exprime en ces mots: « In case of contradiction between any term of the Convention and the norms of islamic law, the Kingdom is not under obligation to observe the contradictory terms of the Convention. » Que des réserves de nature si générale soient admissibles ou non – ce qui fait l’objet d’une vive controverse –, ces déclarations reflètent dans tous les cas le manque de volonté de nombreux États musulmans d’accorder aux femmes des droits allant au-delà de la tradition islamique.

Féminisme islamique

Depuis les années 1980, un mouvement féministe islamique est apparu dans divers pays musulmans, s'ajoutant au mouvement féministe laïque déjà existant. Il plaide en faveur de l’égalité entre hommes et femmes en réinterprétant les sources religieuses. Une autre stratégie argumentative consiste à évoquer un «âge d’or» de l’Islam pour montrer que les interprétations et les pratiques discriminatoires envers les femmes sont contraires à la religion musulmane.

Les féministes islamiques traitent principalement les sujets suivants: la législation (et notamment l’égalité des conjoints, le mariage forcé, le mariage des enfants, le divorce et la répudiation, la mise sous tutelle de la femme et la garde des enfants), les codes vestimentaires (foulard et voile), la sexualité féminine et, en particulier, l’obéissance sexuelle, la violence contre les femmes (droit de correction) et l’accès des femmes aux professions religieuses et à la mosquée (accès de la femme à la fonction de clerc, etc.).

Comme le féminisme laïque, le féminisme islamique trouve parfois un écho favorable, mais se heurte aussi le plus souvent à un rejet. Ce sont en particulier les traditionalistes musulmans et les fondamentalistes islamiques (Islam politique) qui s’opposent à la réinterprétation des sources religieuses. Certains accusent les féministes musulmanes d’occidentalisation et d’hérésie.

Droits humains concernés

  • Interdiction de la discrimination / Egalité en droit Informations humanrights.ch, 25 février 2014
  • Droit au mariage Informations humanrights.ch, 25 février 2014
  • Droits de procédure Informations humanrights.ch, 25 février 2014

Informations complémentaires

  • Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes Informations sur humanrights.ch, 29 septembre 2015
  • La charia et les droits de la femme au 21è siècle Texte de Khalid Chraibi, 10 mars 2008
  • La place de la femme dans le droit successoral musulman Texte de Khalid Chraibi, 4 mai 2003
  • Le droit musulman en pratique: genre, filiation et bioéthique Revue internationale interdisciplinaire Droit et cultures, par Corinne Fortier, 2010
  • Muslim Family Law Pearl David et Menski Werner, 3ème édition, Londres 1998 (Google Books) (en anglais)
  • Mahr Page Wikipedia sur la dot, 2 février 2015
  • An-Nisa, 34 Page Wikipedia sur la Sourate 4:34, 8 septembre 2015
  • Islam and domestic violence Page Wikipedia, 9 octobre 2015 (en anglais)
  • Saudi Arabia’s Obligations under International Law Observations finales du Comité de la CEDEF, février 2008 (en anglais)

Organisations pour les droits des femmes musulmanes

  • Women Living under Muslim Laws WLUML
  • Karamah Muslim Women Lawyers for Human Rights

regle a respecter dans lislam

Charia, droit musulman, constitutions : comment faire du droit avec l’islam ?

regle a respecter dans lislam

Directeur de recherche au CNRS, Sciences Po Bordeaux

Disclosure statement

Baudouin Dupret a reçu des financements de l'Agence nationale de la recherche (ANR), de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Région Nouvelle-Aquitaine provides funding as a strategic partner of The Conversation FR.

View all partners

Le roi du Maroc Mohammed VI salue la foule durant une cérémonie d'allégeance, en juillet 2018, à Tétouan.

La charia, c’est, littéralement, « le chemin terrestre qui mène à Dieu ». Ce chemin, comme pour toutes les religions révélées, comporte une dimension normative, c’est-à-dire une série de prescrits et d’interdits. La charia est donc une Loi avec un L majuscule, parce qu’elle est d’essence divine. Ceci étant dit, il reste à explorer les sources desquelles dérivent la Loi, leur hiérarchie, les interprétations qui en sont faites, la façon dont savants et croyants s’en sont emparés et la forme que cela peut prendre dans le contexte contemporain.

Parmi toutes les acceptions possibles de la charia, il en est deux qui, bien qu’antinomiques, se répondent l’une à l’autre comme dans un jeu de miroirs déformants. L’une fait de la charia une abstraction vertueuse, un modèle de comportement et une norme intangible pour le croyant. L’autre la tient pour l’incarnation d’un islam arriéré, porteur de valeurs intrinsèquement opposées à la civilisation moderne. Ces deux visions ont en commun de réifier la charia, d’en faire une chose en soi, une essence, avec ce paradoxe que ce ne sont pas tant les sources dans lesquelles ces deux visions antagonistes puisent qui diffèrent que la valeur qu’on leur attribue. Autrement dit, ces deux versions sont les deux faces d’une même pièce, solidaires et indissociables, alors même qu’elles se situent littéralement aux antipodes l’une de l’autre. Qu’en est-il, plus précisément ?

Ce qu’on appelle le « droit musulman » ne correspond pas à une réalité aussi ancienne que l’islam lui-même. Le contenu normatif de l’islam est composé de l’Enseignement divin, ou charia, et de la doctrine, ou fiqh. Si la charia peut être définie comme la Loi divine, le fiqh en constitue la doctrine humaine, l’élaboration doctrinale développée à travers l’histoire pour tenter de faire sens de cette Loi. La transformation de cette norme islamique en droit positif, et particulièrement en droit codifié, est le résultat d’une invention. Celle-ci plonge ses racines dans l’irruption européenne sur la scène musulmane.

Le droit musulman, une création moderne

Elle est aussi le fruit d’un idéal de rationalité généralisée et d’une ambition de contrôle systématique des sociétés. Ce sont les savants orientalistes et les administrateurs coloniaux, d’une part, et les gouvernants musulmans et les nouvelles élites modernisatrices, de l’autre, qui ont cherché dans la doctrine juridique islamique ce qui était susceptible d’être coulé dans le moule d’un droit positif, inspiré le plus souvent du modèle napoléonien. Cette greffe a fait souche : aujourd’hui, la notion de droit musulman fait partie de l’horizon ordinaire de la pensée politique et juridique dans les sociétés à majorité musulmane. Elle est également présente là où une forte minorité musulmane s’est affirmée.

La plupart des pays arabes se sont dotés d’un système de droit positif, c’est-à-dire d’un droit conçu de manière systémique, adossé à un État-nation, très souvent rédigé sous forme de codes prétendant à un quadrillage complet de la vie économique, sociale et politique d’une société vivant sur un territoire déterminé, avec une hiérarchie d’institutions judiciaires en charge de son application. Cette évolution a naturellement connu des cours différents, selon que l’adoption du modèle français était indirecte, comme en Égypte, ou bien le fait de la domination coloniale, comme au Maghreb ou au Levant.

Dans ce contexte général, la place de la norme islamique a également évolué, bien qu’à un rythme décalé. D’un côté, la part du droit musulman, cette invention du XIX e  siècle, n’a cessé de rétrécir. De l’autre, on a pu observer, dans les domaines encore régis officiellement par la norme islamique, une tendance à adopter des techniques juridiques nouvelles. À première vue, on pourrait croire que ce ne sont que des changements de forme, qui laissent intact le cœur de la normativité islamique. C’est en réalité tout le contraire qui s’est produit .

Des expériences éclatées selon les pays

La diversité des expériences juridiques est manifeste dès lors qu’on s’intéresse aux pays d’Asie où l’islam est démographiquement majoritaire. De la Turquie à la Malaisie, en passant par l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan, le Bangladesh et l’Indonésie, ce sont les expériences nationales qui déterminent étroitement la forme prise par la référence à l’islam, qu’il s’agisse de la laïcité, du fédéralisme ou du républicanisme islamique. Selon les cas, la place réservée à la normativité islamique peut s’avérer à peu près nulle, sinon de manière très indirecte, ou, tout au contraire, centrale, même si cette centralité n’est que symbolique. Ainsi la Turquie contemporaine ne fait-elle aucune place à la charia dans sa constitution, alors même que le pouvoir en place est de nature islamo-conservatrice. La constitution du Bangladesh, quant à elle, proclame le caractère séculier de l’État alors que la vie politique du pays semble rythmée par diverses conceptions de l’islam et de sa place institutionnelle.

À ce tableau contrasté viennent s’ajouter tous les pays où la présence musulmane est minoritaire mais significative. Ainsi en va-t-il de l’Inde, où l’une des plus grandes populations musulmanes au monde est confrontée à un nationalisme hindou agressif , ou de la Thaïlande, où la revendication musulmane ne cesse de s’affirmer . En Chine, la question régionale et minoritaire, particulièrement dans le Xinjiang , est également brûlante. La place faite à la charia est, dans tous ces cas, extrêmement dépendante du caractère pluraliste ou non de l’État, de sa reconnaissance ou non de la personnalité des lois (particulièrement dans le domaine de la famille) et de son adhésion aux grands principes relatifs aux droits humains (liberté de conscience, liberté de culte, liberté d’association).

Les expériences africaines, dans le Sahel et au sud du Sahara, sont, elles aussi, variées. L’héritage colonial a évidemment beaucoup à voir dans cette diversité, avec un contraste marqué entre les pays influencés par la Common Law britannique et ceux qui s’inscrivent dans la descendance napoléonienne, entre ceux dont le fédéralisme autorise une extrême diversité juridique, comme au Nigéria, et ceux dont le centralisme se veut essentiellement laïque, comme au Sénégal.

Derrière les différences, le triomphe du droit positif moderne

Toutes ces expériences, aussi contrastées qu’elles soient, attestent de l’apparition et de la consolidation du droit positif. Même dans les situations où la normativité islamique se trouve placée au centre du système, cela se fait selon des modalités totalement différentes de celles de la période précoloniale. Même les relations familiales, qui sont pourtant au cœur des structures anthropologiques des sociétés musulmanes et donc l’objet d’une attention particulière de la charia et du fiqh, ont été largement codifiées. Mariage, divorce, filiation et héritage sont la plupart du temps l’objet de législations et de codes spécifiques, amendés plus ou moins régulièrement, comme en 2000 en Égypte ou en 2004 au Maroc.

Il en va de même du domaine de la finance islamique, qui se fonde sur l’interdiction de l’usure (riba). On observe ici le développement de mécanismes normatifs nouveaux sur des sujets qui sont évoqués, souvent allusivement, dans les textes sacrés. Dans tous les cas, la revendication d’islam n’est jamais un retour effectif à l’« âge d’or » de ses débuts, de l’époque dite des califes bien guidés au califat abbasside de Bagdad (7e-IX e  siècle), mais un jeu de référence à la norme islamique qui s’adapte aux contraintes du monde globalisé.

Ce même phénomène de transformation des normes islamiques en droit positif des États à majorité musulmane s’observe au niveau des constitutions . On y trouve des dispositions faisant de l’islam la religion étatique, stipulant la confession islamique du chef de l’État ou faisant de la normativité islamique la source d’inspiration du droit positif. Dans ce dernier cas, il ne s’agit pas de codifier la Loi islamique mais d’y faire référence pour qu’elle inspire le travail des législateurs.

Invoquer la charia dans la constitution : trois exemples

En Égypte, la constitution de 1971 introduisit pour la première fois une référence à la norme islamique (art. 2) en disposant que les principes de la charia sont une des sources de la législation. Celle de 1980 rehaussa encore le rang accordé à la normativité religieuse, en en faisant la source principale de la législation.

Sur cette base, de nombreux recours ont été introduits devant la Haute Cour constitutionnelle par des individus considérant que la loi égyptienne était contraire à la charia. Après avoir longtemps évité de s’engager sur ce terrain, la Cour a finalement précisé ce qu’il y a lieu d’entendre par charia. Elle a ainsi distingué les principes absolus de la charia, qu’il faut suivre à la lettre, et les principes relatifs, qui peuvent être interprétés et adaptés. Ainsi, tout en reconnaissant une valeur juridique à la charia, la Cour a, en réalité, limité ses effets.

Une nouvelle constitution a été promulguée en Égypte en 2012 , qui reprend l’article 2 évoqué précédemment, tout en ajoutant une nouvelle disposition précisant que les principes de la charia englobent ses sources scripturaires (Coran et tradition prophétique), les règles du fiqh et de ses fondements, et l’ensemble des sources prises en considération par les écoles doctrinales sunnites (art. 219). La formulation alambiquée de cet article et son insertion en fin de texte témoignent du caractère précipité de l’adoption de la constitution égyptienne. Mais cet ajout reflète également la volonté de circonscrire les pouvoirs de la Cour constitutionnelle en définissant à sa place ce qu’il y a lieu d’entendre par les « principes de la charia ».

La constitution ne dit rien, en revanche, sur le type de contrainte que ces principes exercent sur le législateur égyptien et, partant, sur la Cour constitutionnelle. Avec le coup d’État de juillet 2013, une nouvelle constitution fut mise en chantier. Celle-ci, adoptée par référendum en janvier 2014, reprend à nouveau l’article 2, mais exclut l’article 219, marquant ainsi la volonté d’en rester à la jurisprudence établie de la Haute Cour constitutionnelle et de faire table rase de l’épisode islamo-démocrate du pays.

En Tunisie, avec le mouvement de transition initié par le renversement du régime en janvier 2011 , et la mise en chantier de nouveaux textes constitutionnels, la place de la charia a pris une nouvelle actualité. Celle-ci s’est trouvée renforcée par la victoire dans les urnes de partis islamo-conservateurs . Le souci de consensus politique semble pourtant l’avoir emporté sur le désir d’hégémonie religieuse, et le pragmatisme idéologique, avoir prévalu sur l’idéal utopique. Une des raisons permettant d’expliquer la facilité avec laquelle cette tendance pragmatique s’est imposée tient sans doute à la plasticité même du référent islamique, dont la géométrie est variable en fonction des circonstances.

Dans ce pays, aucun texte ne fait de la norme islamique une source formelle du droit. Toutefois, dans la constitution de 1959 , l’article premier stipule que « la Tunisie est un État libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la République ». Cette formulation, adoptée à l’initiative de Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante (1957-1987), assortie à un préambule qui invoque également l’islam, a ménagé des interstices dans lesquels n’a pas manqué de s’engouffrer une frange conservatrice du pouvoir judiciaire, dans le but de donner à la charia le statut de source subsidiaire.

Cette ambiguïté est accentuée dans la constitution de 2014 , qui fait suite à la révolution de 2011. Si l’article 1 er  de la constitution reproduit la formule de 1959, l’article 141 parle de « religion de l’État ». En outre, l’article 6 investit l’État de la « protection de la religion », ce qui, dans un État dont la religion est constitutionnellement l’islam, revient à ouvrir la possibilité de recourir au référent islamique et à son corollaire, la charia.

Le cas du Maroc s’avère également intéressant. La constitution de 2011 , la première à faire suite aux « printemps arabes », fait de l’islam, « religion de l’État », un référentiel avant tout national, à côté de l’unité du pays, de l’intégrité territoriale et de la monarchie. Les articles de la constitution qui se réfèrent à la religion musulmane mettent en exergue les principes de tolérance et d’ouverture, ainsi que la liberté des cultes.

Dans le système constitutionnel marocain, l’identification de la normativité islamique comme référent constitutionnel est superflue. Distinguant les « deux corps du roi », celui de chef de l’État et arbitre suprême (art. 42), et celui de commandeur des croyants, amir al-mu’minin (art. 41), la constitution souligne à quel point, au Maroc, c’est l’ordre monarchique qui détermine l’extension de la norme religieuse.

Aujourd’hui, lorsque l’on parle de droit dans les pays musulmans, c’est à un droit positif appuyé sur l’État que l’on fait référence. Ce phénomène de « positivisation » ne se limite pas au droit, loin s’en faut. Il touche aussi les normes techniques, managériales, de gouvernance. Il a déclenché un bouleversement conceptuel et pratique complet. Qu’on appelle cette dynamique « islamisation de la modernité » ou « modernisation de l’islam », la manière de concevoir la norme islamique et de la pratiquer a suivi une trajectoire fondamentalement distincte de celle qui prévalait auparavant.

  • Moyen-Orient
  • constitution

regle a respecter dans lislam

Trials Project Lead

regle a respecter dans lislam

Equitable Learning Advisor

regle a respecter dans lislam

Director, Global Digital Farm

regle a respecter dans lislam

Provost and Senior Vice-President, The Australian National University

regle a respecter dans lislam

0113942 Associate Lecturer/Lecturer in Psychology (Identified) and Lecturer/Senior Lecturer in Indigenous Health (Identified)

You are using an outdated browser. Please upgrade your browser to improve your experience.

le premier mois sans engagement

  • Opinions et débats
  • Immigration
  • Dossiers politique
  • Dossiers famille et éducation
  • Voir les dossiers France
  • International
  • Moyen-Orient
  • Voir les dossiers International
  • Catholicisme
  • Catholicisme France
  • Catholicisme Monde
  • Le Collège des cardinaux
  • La Documentation catholique
  • Protestantisme
  • Dossiers spiritualité
  • Lexique religieux
  • Voir les dossiers Religion
  • Économie française
  • Économie internationale
  • Entreprises
  • Média et presse
  • Économie solidaire
  • Voir les dossiers Économie
  • Programme et critiques TV
  • Art et expositions
  • Livres et idées
  • Voir les dossiers Culture
  • COP28 2023 (Dubaï)
  • Biodiversité
  • Voir les dossiers Planète
  • Alimentation et santé
  • Écologie et santé
  • Voir les dossiers Santé
  • Art de vivre
  • Recettes de cuisine
  • Voir les dossiers Art de vivre
  • Jeux Olympiques Paris 2024
  • Voir les dossiers Sport
  • Dernières infos AFP
  • Newsletters
  • Lire le Journal
  • La Croix l’Hebdo
  • Mots Croisés
  • La Croix International
  • Librairie La Croix

Mohammed Al Issa : « Un musulman qui ne respecte pas les lois de la République ne pratique pas l’islam authentique »

Le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammed Al Issa, a co-organisé la Conférence internationale pour la paix et la solidarité qui s’est tenue le mardi 17 septembre à Paris. Il explique les grandes lignes du « mémorandum d’amitié » signé en conclusion des travaux.

  • Propos recueillis par Anne-Bénédicte Hoffner ,
  • le 24/09/2019 à 14:27
  • Modifié le 24/09/2019 à 17:15

Lecture en 6 min.

Mohammed Al Issa : « Un musulman qui ne respecte pas les lois de la République ne pratique pas l’islam authentique »

Le secrétaire général de la LIM est également un ancien ministre de la justice d’Arabie Saoudite.

Corinne Simon/Ciric

  • Commenter Réagir
  • Envoyer par mail Envoyer
  • Partager sur Facebook Partager
  • Partager sur Twitter Twitter

En quoi consiste la « nouvelle vision » portée par la Ligue islamique mondiale (LIM) et que vous avez évoquée mardi 17 septembre lors de la Conférence internationale de Paris pour la paix et la solidarité ?

Mohammed Al Issa : Cette nouvelle vision, dont je suis le principal artisan, traduit le message que je souhaite transmettre aux musulmans. Elle consiste en premier lieu à éclaircir les véritables objectifs de l’islam et des autres religions célestes. Comme l’affirme la charte de La Mecque, signée en mai sous l’égide de la LIM par 1 200 savants de tous les pays, l’essence des religions est le bien de l’humanité, non la guerre ou la confrontation entre cultures ou civilisations. Leur but est d’assurer la sécurité et la stabilité, la miséricorde pour les êtres humains et entre eux.

Le rôle des responsables religieux est donc de montrer où sont situées les erreurs d’interprétation qui ont mené aux débordements actuels, toutes religions comprises et en premier lieu dans l’islam. Le prophète Mohammed n’a mené que des batailles de défense et n’a jamais cherché à forcer quiconque à embrasser sa religion. Ce n’est qu’en cas de menace que la défense est autorisée aux musulmans.

C’est toutefois au nom de ce droit à se défendre que certains extrémistes musulmans justifient leurs attentats. Que pensez-vous de cet argument ?

M.AI : Le fanatisme et l’extrémisme sont issus d’une interprétation fallacieuse des textes et ils ne sont pas propres à l’islam. Toutes les religions ont connu ces dérives : il suffit de regarder l’histoire. Certaines personnes, parmi les combattants de Daech, sont malades psychologiquement. D’autres ont suivi cette tendance en raison de problèmes économiques ou sociaux.

Comment comptez-vous diffuser cette « nouvelle vision » ?

M.AI : Comme secrétaire général de la LIM, et parce que son siège est à La Mecque, j’ai un impact sur les musulmans du monde entier. Ma parole a un impact très fort, de même que les images de mes rencontres avec des rabbins ou des responsables chrétiens. Je sais que cela dérange certains, mais je sais à quoi je m’engage.

L’une des particularités de la Ligue tient à sa présence dans de nombreux pays : elle peut ainsi y développer des ponts d’entraide et de dialogue entre les religions, travailler aussi à l’intégration sociale des minorités musulmanes dans les pays où elles vivent. S’intégrer dans le tissu social est une obligation religieuse. Ceux qui ne le font pas menacent la société et ne respectent pas les « gouverneurs ». Certains tentent même d’arriver au pouvoir.

Visez-vous les Frères musulmans ?

M.AI : Notamment. Les Frères musulmans symbolisent le mieux l’islam politique. Malheureusement, ils entraînent d’autres personnes dans leur logique, par la pression et par la peur. Pour cette raison, nous donnons des conseils et des directives aux musulmans, dont le premier est de ne pas importer des fatwas de l’étranger. Les fatwas propres aux musulmans de France doivent être édictées par des savants français.

N’est-il pas contradictoire de donner des directives aux musulmans de France et de leur conseiller de ne pas importer des fatwas de l’étranger ?

M.AI : Je ne leur dis pas ce qu’ils doivent faire ! Je me contente de leur présenter une vision globale de l’islam.

À plusieurs reprises, lors de mes reportages dans des mosquées, j’ai pu voir des fidèles s’opposer à la fois à l’imam et aux institutions républicaines en s’appuyant sur les propos de prédicateurs saoudiens : comment l’expliquez-vous ?

M.AI : N’est pas savant qui veut ! Ces gens qui se placent en retrait de la société française suivent généralement des pseudos savants : au-delà de leur nationalité ou de l’université qu’ils ont fréquentée, il faut regarder l’idéologie qu’ils propagent. Ont-ils une perception juste de l’islam ?

Qu’est-ce qu’une perception « juste » de l’islam ? Entre les soufis, les mutazilites, les chiites, les malékites ou les combattants de Daech, qui a une perception « juste » de l’islam ?

M.AI : Le premier critère est d’être en osmose avec la raison humaine. On ne peut considérer comme islam authentique que celui qui appelle à la préservation de la sécurité, de la stabilité, de la paix, au respect des autres et de leur idéologie, et au respect de la Constitution du pays. Un musulman qui vit en France et qui ne respecte pas les lois de la République ou s’oppose aux autorités françaises ne pratique pas l’islam authentique. Celui qui entre dans un pays a l’obligation de respecter les lois et la culture du pays où il est, sinon il doit le quitter.

Cela signifie-t-il qu’un catholique qui se rend en Arabie saoudite doit renoncer à la possibilité d’y pratiquer sa religion ?

M.AI : Quel que soit le pays où vous entrez, vous devez vous soumettre à la loi et à la Constitution de ce pays. Si chacun pratique sa religion, cela peut entraîner une animosité, une remise en cause des us et coutumes du pays entraînant des troubles. La sagesse recommande de l’éviter. La solution est que chacun pratique sa religion de façon non pas secrète mais pas aux yeux de tous.

En Arabie saoudite, la base de la population est musulmane et les musulmans du monde entier s’accordent à reconnaître ce pays comme une terre sacrée pour eux. Depuis des siècles et des siècles, avant même la monarchie saoudienne, aucune église n’a jamais été construite sur son sol. Un jour, un Pakistanais est venu me voir à La Mecque en me demandant s’il était exact qu’une église allait être construite dans le pays. Il m’a dit que se tourner chaque jour vers La Mecque pendant sa prière lui offrait la quiétude. « Comment saurai-je dorénavant si je suis tournée vers la mosquée ou vers une église ? », m’a-t-il demandé.

Pourquoi alors avoir signé mardi 17 septembre un mémorandum d’amitié mentionnant la liberté de conscience et de religion ?

M.AI : Ce mémorandum, qui a été signé par tous – représentants juifs, chrétiens et musulmans – est un appel adressé au monde entier : il ne peut pas régler dans le détail les problèmes auxquels chacun est confronté au quotidien. La mise en pratique, par la suite, dépendra des autorités locales. Et ce n’est pas à un responsable religieux de dire la loi.

En tant que secrétaire général de la LIM, je ne représente pas l’Arabie saoudite. L’Arabie saoudite est mon pays, j’en suis fier et suis prêt à le défendre mais je ne m’exprime pas en son nom. J’ai été élu par une assemblée de 70 oulémas du monde entier, dont deux seulement sont saoudiens. Mon rôle est international.

N’est-il pas temps aujourd’hui d’abandonner ce terme de « minorité », qui dans certains pays – notamment les pays majoritairement musulmans – s’accompagne d’un statut discriminatoire ?

M.AI : On peut effectivement discuter de ce terme même s’il est d’utilisation courante : je suis d’accord qu’il n’est pas forcément bon de distinguer les musulmans du reste des citoyens d’un pays. Pour ma part, je juge intolérable qu’une minorité en termes numérique subisse des conséquences en termes d’ostracisme, de respect de ses droits et devoirs. Un gouvernement juste ne doit pratiquer aucune discrimination. À ma connaissance, les minorités sont respectées dans chaque pays musulman.

Le soutien financier que vous offrez à de nombreuses institutions musulmanes dans le monde n’est-il pas un autre moyen de diffuser votre « nouvelle vision » ? Comment les choisissez-vous ?

M.AI : Pour que nous l’aidions, une association musulmane française doit apporter la preuve qu’elle a l’appui du gouvernement français. Si la preuve est apportée – c’était le cas par exemple de l’Institut français de civilisation musulmane à Lyon –, le soutien de la LIM se fait toujours par l’intermédiaire et avec l’accord du gouvernement français. Si demain quelqu’un vient nous voir et nous demande de l’aide et qu’ensuite un terroriste est pris dans cette mosquée, pourquoi serais-je responsable de cela ? En revanche, nous ne demandons jamais d’avoir un regard sur la gestion de l’organisation en question.

Votre venue en France a été critiquée par certains responsables musulmans français qui y voient une « ingérence étrangère ». Que leur répondez-vous ?

M.AI : Ils ont la liberté de s’exprimer mais je remarque qu’ils ne parlent pas du fond, du contenu du mémorandum. Or c’est pour cela que je suis venu : pas pour donner des conférences religieuses dans des mosquées ni mettre de l’ordre dans leurs rangs. C’est uniquement de cela qu’ils peuvent me parler.

Que répondez-vous à l’épouse du blogueur saoudien Raef Badaoui, arrêté en 2012 pour « insulte à l’islam » puis condamné à 1000 coups de fouet, qui a manifesté mardi devant le lieu de la conférence ?

M.AI : Ce type d’événement ne se passe pas uniquement en Arabie saoudite et il convient de ne pas le regarder sous un angle unique, sans avoir l’ensemble des tenants et aboutissants. Seules les autorités d’un pays disposent de tous les éléments.

Quant à moi, j’étais ministre de la justice de l’Arabie saoudite à cette époque, c’est exact mais cette affaire ne relevait pas de mon autorité. J’étais responsable des lois et du fonctionnement des tribunaux mais je n’étais pas procureur général ni juge. En tant que citoyen saoudien, je fais confiance aux autorités compétentes et respecte les jugements prononcés.

  • Vie de l'Église

L’essentiel à midi

Gouvernement : attal, fabius, chirac… quel destin pour les jeunes premiers ministres , inondations dans le pas-de-calais : le curage des cours d’eau permet-il de faire face aux crues , direct. remaniement : le gouvernement attal attendu dans l’après-midi.

DIRECT. Remaniement : le gouvernement Attal attendu dans l’après-midi

  • Les Béatitudes confient l’accueil des victimes à un « dispositif indépendant »

Sous-emploi des seniors : qui est responsable ?

  • Julie Grand, otage libérée par Arnaud Beltrame : « Il ne cherchait pas à mourir en martyr »

Julie Grand, otage libérée par Arnaud Beltrame : « Il ne cherchait pas à mourir en martyr »

Trois pistes pour éviter le gaspillage alimentaire

Trois pistes pour éviter le gaspillage alimentaire

Vous devez être connecté afin de pouvoir poster un commentaire

Déjà inscrit sur la Croix ?

Pas encore abonné ?

Footer banner mobile

  • Le journal papier et l’Hebdo en version numérique
  • Les 3 newsletters quotidiennes « L’essentiel »
  • Les newsletters thématiques
  • L’accès aux archives

Footer banner desktop

  • DIRECT. Remaniement : le gouvernement Attal attendu dans l’après-midi
  • Fin de vie : l’Élysée met les points sur les « i »
  • De l’avant !
  • Affaire Geneviève Legay : ouverture à Nice du procès du commissaire ayant ordonné la charge
  • Guerre Israël-Hamas : Blinken en Égypte, « les Gazaouis au bord de la famine » selon Pretoria
  • Guerre en Ukraine, jour 687 : Zelensky en Estonie, « moments difficiles » à Belgorod
  • En Tunisie, la maigre moisson du président Saïed sur les biens accaparés
  • Intelligence artificielle : des usages vertueux pour la démocratie ?
  • Astrologie, sur quoi est-elle fondée?
  • « Fiducia supplicans » : la réception prudente des évêques de France
  • Mort de Thierry Desmarest, ancien patron du groupe Total
  • Batteries électriques : en riposte aux Etats-Unis, l’UE autorise la subvention d’une « gigafactory »
  • Logement : des économies d’énergie moindres que prévu avec une bonne isolation
  • Peut-on parler d’argent au travail ?

L’actu à ne pas manquer

  • Actualité politique
  • Gouvernement Borne
  • Faits divers
  • Procès et affaire judiciaire
  • Loi, projet de loi et réforme
  • Attentat en France
  • Baccalauréat 2024
  • Guerre en Ukraine
  • Attentat dans le monde
  • Guerre, crise et conflit
  • Conflit israélo-palestinien
  • Conflit du Haut-Karabakh
  • Géopolitique
  • Élections européennes 2024
  • Élection présidentielle américaine 2024
  • Tension Chine - États-Unis
  • Union européenne (UE)
  • Organismes internationaux
  • Personnalité politique
  • Pape François
  • Vatican et Curie romaine
  • Synode sur la synodalité (2021/2024)
  • Santé du pape
  • Démission du pape
  • Conclave (élection du pape)
  • Fête religieuse catholique 2023
  • Glossaire mots religieux
  • Sacrement catholique
  • Emploi et travail
  • Consommation
  • Pouvoir d’achat
  • Biocarburant
  • Épargne et placement
  • Impôt sur le revenu 2024
  • Grève en France
  • Crise économique et sociale
  • Transition énergétique
  • Réchauffement et changement climatique
  • Sources d'énergie
  • Ouragan, cyclone et typhon
  • Incendies de forêt
  • Énergies renouvelables
  • COP - Conférence climats
  • Catastrophe et accident nucléaire
  • Découverte et exploration de l'Espace
  • Coronavirus (covid-19)
  • Vaccin (vaccination)
  • Épidémie et pandémie
  • Drogue et addiction
  • Scandale alimentaire et sanitaire
  • Perturbateur endocrinien
  • Corps humain
  • PMA (procréation médicalement assistée)
  • Livre, roman et BD
  • Critique ciné, film et documentaire
  • Prix littéraires 2023
  • Festival BD d'Angoulême 2024 (FIBD)
  • Oscars 2024
  • César du cinéma 2024
  • Festival de Cannes 2024
  • Festival d’Avignon 2024
  • Sortie culturelle en famille
  • Personnalité culturelle
  • Mort et funérailles de personnalité
  • Grands dossiers culture
  • Conseils de jardinage
  • Retraite spirituelle
  • Pèlerinage à Lourdes 2024
  • Pèlerinage chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle
  • Série et reportage
  • Idées cadeaux de Noël 2023
  • Service client
  • Courrier des lecteurs
  • Résilier votre abonnement
  • L'équipe
  • Espace Presse
  • Découvrir LA CROIX numérique
  • Faire un don
  • Inscription à la newsletter
  • Mots croisés gratuits en ligne
  • La Croix Español
  • La Croix Africa
  • BAYARD BELGIQUE
  • BAYARD JEUNESSE
  • EDITIONS BAYARD
  • Groupe Bayard
  • MILAN PRESSE
  • Librairie Bayard
  • NOTRE FAMILLE
  • NOTRE TEMPS
  • EVEILALAFOI.FR
  • LE MONDE DE LA BIBLE
  • POINTS DE REPÈRE
  • PRIONS EN EGLISE
  • Chantons en eglise

Fermer

Le respect des morts selon le droit islamique : analyse sous le prisme de l’action forensique humanitaire

regle a respecter dans lislam

Pendant un conflit armé, les spécialistes forensiques sont confrontés à de grandes difficultés pour assurer une gestion des morts digne et appropriée. Comme deux tiers des conflits armés contemporains se déroulent dans des pays musulmans, l’importance du droit islamique sur cette question ne doit pas être sous-estimée. Ce billet traite de certaines des difficultés rencontrées du point de vue du droit islamique, dans l’espoir de procurer quelques conseils aux spécialistes forensiques prenant en charge les dépouilles mortelles dans les pays musulmans.

Mort et dignité humaine

Dans de nombreuses civilisations, traditions et religions, anciennes et modernes, la mort n’est qu’un passage entre une étape de la vie et une autre [1] L’inhumation des morts est donc l’une des façons de veiller à la dignité et au respect des morts et de respecter la sensibilité de leurs proches. Tout au long de l’histoire, les religions, traditions et pratiques culturelles ont influencé la manière de traiter les morts, tant en période de conflit armé qu’en temps de paix, et continuent à le faire.

Dans l’islam, la dignité humaine est un droit que Dieu accorde à tous les êtres humains, présentés dans le Coran comme les vicaires de Dieu sur la Terre. L’islam octroie certains droits aux humains avant même leur naissance, et d’autres après leur mort. Qu’ils soient morts ou vivants, la dignité et le respect exigés, comprennent ceux du corps humain, créé par Dieu dans la forme la plus parfaite. Cette importance du corps humain est par exemple présente dans la sourate 5 :31 du Coran. Caïn ne sachant que faire du corps de son frère Abel qu’il avait tué, Dieu lui montra indirectement ce qu’il devait en faire en lui envoyant un corbeau qui se mit à gratter la terre pour enterrer un autre corbeau, montrant ainsi indirectement à Cain que faire du corps de son frère.

Confrontés à la difficulté de garantir une sépulture honorable aux dépouilles mortelles lors de conflits armés, d’autres situations de violence et de catastrophes naturelles, les juristes musulmans de l’époque classique ont élaboré des lois islamiques pour répondre à cette question. Ces lois visent à assurer le respect de la dignité des morts et permettent, autant que possible, de respecter la sensibilité des familles. La question de la dignité des morts a été soulevée dans les discussions des juristes musulmans de l’époque classique [2] concernant un certain nombre de questions dont certaines nous intéressent particulièrement pour le propos de cet article, notamment : la recherche et l’enlèvement des corps, les rites funéraires pour les musulmans et les non-musulmans, les délais dans lesquels les morts doivent être inhumés, l’exhumation des restes humains et l’immersion en mer.

Avant d’examiner ces questions, il est intéressant de noter que le droit islamique associe parfois des prescriptions purement juridiques à des considérations religieuses et/ou éthiques. Il en va de même pour la prise en charge des dépouilles mortelles. À titre d’exemple, les règles régissant l’enterrement et la sépulture, et même l’étiquette à observer lors des visites sur les tombes, sont traitées dans la littérature juridique islamique. Cette caractéristique est l’un des facteurs qui font que le droit islamique reste vivant et s’impose dans la pratique. Cela permet de garantir que les musulmans s’imposent volontairement ces règles et qu’ils continuent de les mettre en œuvre, même dans des domaines qui ne sont pas codifiés dans les systèmes juridiques des États musulmans et pour lesquels les tribunaux ne sont pas compétents. Cette caractéristique du droit islamique est révélatrice de l’énorme influence qu’il peut avoir sur le comportement en société. Comprendre ces règles islamiques peut aider à orienter les spécialistes forensiques humanitaires pour surmonter les difficultés rencontrées en respectant les besoins religieux des sociétés musulmanes lorsqu’ils conduisent des activités dans des pays musulmans. C’est une façon de montrer que le respect des morts est une préoccupation majeure que l’on retrouve aussi bien dans leur travail forensique que dans le droit islamique.

Recherche et enlèvement des corps

Le plus souvent, les personnes qui sont décédées restent dans les mémoires. Elles sont parfois encore vivantes dans le cœur et les pensées de leurs proches, mais aussi dans les récits historiques et ce, pour des décennies, des siècles voire pour toujours. Ainsi, dans la littérature historique islamique, on trouve une remarquable documentation, notamment les listes des victimes des premières batailles qui ont eu lieu du vivant du Prophète – essentiellement entre 624 et 632. Par exemple, comme le montre une recherche rapide sur Google, les archives historiques donnent les noms complets des 70 morts de la partie adverse et des quatorze victimes que les musulmans ont eu à déplorer à la bataille de Badr en mars 624 [3] . Un nombre similaire de morts est enregistré chez les musulmans à la bataille d’Uh ̣ ud en mars 625 [4] . Ces récits montrent que des femmes participaient notamment à la recherche des corps et au rapatriement des blessés et des morts dans les villes [5] .

Les premières sources islamiques attestent d’une longue pratique des belligérants de rendre compte des morts, parfois de manière très détaillée [6] .C’était visiblement la première obligation à remplir pour respecter les corps des martyrs. Comme nous le mentionnerons ci-après, les martyrs bénéficient d’un statut spécial en Islam. Leur héroïsme et leur sacrifice ont valu à l’islam de survivre et ont été portés à la connaissance des générations successives de musulmans jusqu’à nos jours. Par conséquent, ces récits sont encore étudiés aujourd’hui pour commémorer l’héroïsme et le sacrifice des premiers martyrs musulmans.

Rites funéraires

Le respect des dépouilles des défunts exigeait qu’on leur donnât une sépulture décente afin, premièrement, d’empêcher leurs corps d’être la proie d’animaux sauvages et, deuxièmement, de permettre aux familles et aux proches de venir se recueillir sur leurs tombes. Ces préoccupations restent valables aujourd’hui.

L’inhumation des défunts est une obligation qui incombe à toute la communauté musulmane ( fard ̣ kifa ̄ yah ) [7] . Autrement dit, c’est toute la communauté musulmane qui est coupable si le corps d’un musulman n’est pas enterré, à moins qu’elle ne puisse avoir connaissance du décès ou qu’elle soit dans l’incapacité d’y procéder.

Chaque mort doit être enterré dans une tombe individuelle : telle est la règle en droit islamique. Cependant, en cas de besoin, deux ou trois corps, ou même davantage si nécessaire, peuvent être enterrés dans la même tombe. Les tombes collectives, généralement pour les morts d’une même famille, sont courantes aujourd’hui dans de nombreux pays musulmans, simplement parce que les villages et les villes manquent d’espace pour les cimetières et qu’une tombe par mort reviendrait trop cher. À ce propos, il convient de noter que s’il y a plusieurs corps à enterrer, ceux-ci doivent être placés respectivement côte à côte avec suffisamment d’espace entre chaque dépouille. Aujourd’hui, c’est le procédé que suivent les spécialistes forensiques dans le cadre de leurs recherches. Il existe différents jugements islamiques réglementant la construction des tombes et les pratiques varient dans le monde musulman selon les cultures et traditions.

Sur ce point, il est important de souligner que les juristes musulmans de l’époque classique ont établi des règles distinctes pour les corps des shuhada ̄ ’ (martyrs, au singulier shah ı̄ d ). Les deux batailles évoquées plus haut, celles de Badr en mars 624 et d’Uḥud en mars 625, sont à l’origine des précédents dont sont dérivées les règles régissant le traitement des corps des non-musulmans et des musulmans, essentiellement parce que c’est lors de ces deux batailles que les pertes ont été les plus fortes chez les musulmans et leurs ennemis, du vivant du prophète Mohammed.

La plupart des juristes musulmans – à l’exception principalement de Sa‘īd ibn al-Musayyab (mort en 712-713) et d’Al-Ḥasan al-Baṣrī (mort en 728) – s’accordent à dire que les trois règles suivantes ne valent que pour les martyrs.

Premièrement, il ne devrait pas y avoir de toilette rituelle pour le corps du martyr. La norme et la pratique ont été conformes à cette conception majoritaire pendant toute l’histoire de l’islam jusqu’à nos jours, bien qu’il y ait pléthore d’opinions divergentes parmi les docteurs de la loi sur ces trois règles, essentiellement à cause de rapports contradictoires sur des propos attribués au prophète Mohammed. Ibn al-Musayyab et Al-Basrı̄ se sont fondés essentiellement sur des considérations logistiques : ils ont fait valoir que les martyrs de la bataille d’Uḥud ont été enterrés sans la toilette rituelle à cause de l’impossibilité pratique de faire venir de l’eau de Médine dans le désert, en raison du grand nombre de corps [8] . Cependant, la majorité a recouru à diverses explications théologiques, arguant notamment que le fait d’enterrer les martyrs dans leur sang témoigne de la grandeur de leur statut et des sacrifices qu’ils ont consentis dans la guerre juste menée par l’Islam.

Deuxièmement, il ne devrait pas y avoir de linceul pour les martyrs, qui devraient être enterrés dans les vêtements mêmes dans lesquels ils ont été tués.

Troisièmement, aucune prière funèbre ne devrait être récitée sur leurs corps. Là encore, certains légistes expliquent cela par le précédent établi par le prophète Mohammed à la bataille d’Uḥud, tandis que d’autres invoquent des raisons théologiques liées au statut spécial des martyrs et à l’idée qu’ils sont vivants auprès de leur Dieu (Coran 3:169), que leurs péchés leur sont déjà pardonnés et que, par conséquent, il n’est pas nécessaire de dire une prière funèbre pour eux [9] .

Ce statut de martyrs est célébré et commémoré dans les cultures musulmanes modernes, comme en témoignent les images de martyrs suspendues dans les rues d’Iran, d’Égypte, du Liban et de Syrie et la pratique, en usage dans de nombreux pays musulmans, consistant à donner à des écoles, des rues, etc.

En raison de la place prédominante occupée par les martyrs dans le droit islamique et dans les cultures et les traditions musulmanes, il est important que ceux qui prennent en charge les corps de musulmans considérés comme des martyrs soient informés de ces trois règles spéciales (ainsi que toute autre règle applicable). Dans tous les cas, ces décisions sont laissées à la famille du défunt.

Village de Shark. Tombes d'Ouzbeks victimes des récentes violences. Shark village. Fresh graves of Uzbek victims of the recent violence

Outre les règles détaillées relatives aux martyrs, le droit islamique contient aussi des règles relatives à l’inhumation des musulmans et des ennemis non-musulmans. Il existe en particulier un devoir d’inhumer les corps des personnes qui appartenaient à la partie adverse.  Si, pour une raison quelconque, l’adversaire n’enterre pas ses morts, c’est alors aux musulmans de le faire. Le juriste andalou Ibn H ̣ azm (mort en 1064), de l’école zâhirite, aujourd’hui disparue, justifie cette obligation en expliquant que, si les musulmans n’enterrent pas les corps de leurs ennemis, ces corps se décomposeront ou seront dévorés par des bêtes sauvages ou des oiseaux, ce qui équivaut à une mutilation, prohibée par le droit islamique [10] .

L’obligation d’enterrer les morts de l’ennemi au cas où celui-ci ne les enterrerait pas, vise à protéger la dignité humaine des morts. Bien que cela ne soit pas mentionné dans les ouvrages classiques de droit islamique, cette protection contribue également à respecter la sensibilité des familles des combattants de la partie adverse. De plus, certains juristes ont aussi justifié cette obligation par l’intérêt public ( maṣlaḥah ) des cultures musulmanes, indiquant que le fait d’enterrer les morts de l’ennemi préservait les passants – autrement dit, la salubrité publique [11] .Nonobstant cet argument, il convient de relever que, selon une idée reçue très répandue, les cadavres propagent des maladies et présentent donc des risques pour la santé publique, ce qui est faux excepté dans le cas d’épidémies de maladies infectieuses comme Ebola.

Délai à respecter pour l’inhumation

Le principe du respect des morts se manifeste sous des formes différentes selon les cultures et les périodes. Dans le droit islamique et les cultures musulmanes, c’est en les enterrant sans tarder que l’on manifeste son respect des morts. À la différence de certaines cultures, le droit islamique interdit la crémation, dans laquelle il voit une violation de la dignité du corps humain.

Si l’on se fonde sur des propos attribués au prophète Mohammed, il est préférable, ou mustaḥab, d’enterrer rapidement les morts– autrement dit, ce n’est pas obligatoire, farḍ/wājib. Cependant ces témoignages n’indiquent pas précisément dans quel délai l’enterrement devrait avoir lieu. Dans le cas d’une personne qui a été poignardée ( al-maṭ‘ūn) , qui est hémiplégique ( al-maflūj) ou dans le coma ( al-masbūt) , certains juristes jugent préférable d’attendre un jour et une nuit ( yaūm wa laylah) pour avoir la confirmation de la mort [12] .S’il est conseillé d’attendre dans ces trois cas, c’est qu’il est possible que l’individu en question soit encore en vie. Il peut être dans le coma ; c’est pourquoi les juristes préfèrent que l’enterrement soit reporté tant que le décès n‘a pas été confirmé.

L’enterrement peut aussi être reporté si l’on soupçonne que la cause du décès est d’origine criminelle, l’enterrement doit être repoussé tant que le corps n’aura pas été examiné. Quelques juristes ont ajouté l’attente de l’arrivée de membres de la famille aux raisons justifiant le report de l’inhumation, mais sous réserve que le délai d’attente ne soit pas long au point que le corps commence à se décomposer [13] .

Ces débats sur le délai restent inchangés si le corps n’est pas réclamé ni identifié : la même logique de respect du corps humain prévaut. Le souci humanitaire du respect des morts incitera les musulmans à enterrer sans tarder les corps non réclamés ni identifiés.

À côté de ces délibérations de juristes sur le droit islamique, d’autres facteurs jouent un rôle important pour expliquer pourquoi, dans les cultures musulmanes comme dans d’autres cultures, il existe une tendance à enterrer sans tarder les morts. Premièrement, les proches et les voisins veulent éviter que le corps ne commence à sentir, surtout sous les climats chauds, dans les pays où il n’y a pas assez de chambres froides pour maintenir les corps à basse température ou dans les régions où les coupures de courant sont fréquentes et se produisent sans préavis, sans parler des villages et des lieux reculés dans le désert qui n’ont pas l’électricité. Deuxièmement, les parents éloignés et les voisins veulent éviter, en enterrant le corps, de prolonger la souffrance des proches du défunt, et leur épargner la crainte et la douleur de sentir ce corps se décomposer. L’enterrement rapide dans ces situations est motivé par le désir de respecter les morts.

Quel qu’en soit le motif, dans certains cas, l’enterrement rapide empêche les spécialistes forensiques de faire leur travail. Ces derniers ont besoin de disposer de délais suffisants pour déterminer l’identité des dépouilles mortelles, en particulier lors de conflits armés, d’autres situations de violence ou de catastrophes naturelles. Pour que les spécialistes forensiques aient le temps de s’acquitter de leur tâche, il est donc nécessaire non seulement de fournir des chambres froides pour préserver les corps mais aussi d’amener les responsables communautaires, les chefs religieux et les autorités locales à convaincre le public et les familles qu’il est important de donner aux spécialistes forensiques le temps d’examiner les corps si l’on veut en établir l’identité. Sinon, les familles des morts risquent de souffrir toute leur vie de ne pas savoir où leurs proches sont enterrés et de ne pas pouvoir se rendre sur leurs tombes.

Exhumation des restes humains

En principe, selon le droit islamique, il est interdit d’exhumer les tombes. Toutefois, il existe un certain nombre d’exceptions et des points de vue différents sur la question. C’est pourquoi les juristes musulmans classiques sont d’accord pour interdire l’exhumation lorsqu’il n’y a pas nécessité. Les juristes ont toutefois délibéré des cas, manifestement hypothétiques pour certains, dans lesquels il serait possible d’exhumer des corps :

1) À des fins religieuses (ce que l’on appelle dans le langage courant, « les droits de Dieu »), [14]

2) Dans les affaires de responsabilité civile (les droits des humains), [15] et même

3) Pour des raisons d’intérêt public [16] .

Les juristes ont rendu des jugements divers sur cette question. En conséquence, l’exhumation des restes humains est autorisée dans certains cas, on l’a vu, et interdite dans d’autres. D’une part, l’interdiction dans certains de ces cas repose uniquement ou principalement sur ce qui constitue, aux yeux des docteurs de la loi, un manque de respect pour la dignité humaine. De l’autre, la licéité repose dans certains cas sur ce qu’est, selon les juristes, l’intérêt public. Cela explique la diversité des jugements rendus et la variété des pratiques adoptées en conséquence dans les sociétés musulmanes. Sur ce point, il est important que les spécialistes forensiques retiennent que sous certaines conditions, il peut y avoir des motifs légitimes d’exhumation. Les spécialistes forensiques doivent garder cela à l’esprit s’ils sont confrontés à un refus d’exhumer les corps dans des pays musulmans.

L’immersion en mer

Il est intéressant de savoir que les juristes musulmans classiques ont délibéré sur la question de l’immersion en mer dès les dix-septième et dix-huitième siècles. C’est la nécessité d’assurer une sépulture décente aux personnes décédées à bord d’un navire en mer qui semble avoir été à l’origine de leurs discussions.

Dans cette situation, les docteurs de la loi de la période classique ont envisagé trois cas de figure :

  • Premièrement, le corps peut attendre l’arrivée à terre sans donner des signes de décomposition : dans ce cas, l’enterrement est reporté et le corps inhumé comme à l’ordinaire dans une tombe [17] .
  • Deuxièmement, le corps ne peut pas attendre l’arrivée à terre sans donner des signes de décomposition : on l’attache alors à des morceaux de bois et on le met à l’eau où il flottera ; les vagues le porteront jusqu’au rivage le plus proche et, comme ce lieu est peuplé de musulmans, ceux-ci respecteront le corps et lui donneront une sépulture honorable.

L’analyse ci-dessus montre que donner une sépulture honorable aux morts apparaît comme étant le principal critère à retenir. Le cadre juridique islamique de l’époque classique présenté dans cet article a été élaboré au dix-septième et au dix-huitième siècles, pour répondre aux défis de l’époque. Pourtant, aujourd’hui encore, celui-ci fournit des orientations sur lesquelles s’appuient les juristes musulmans contemporains pour la prise en charge des dépouilles mortelles.

Sous l’angle du droit islamique, il est nécessaire que les spécialistes forensiques travaillant dans des sociétés musulmanes contemporaines garde cet élément à l’esprit, pour garantir le respect les morts. Afin de prendre des décisions éclairées et pour dialoguer de manière plus efficace, nous recommandons aux spécialistes forensiques de se familiariser avec la réglementation islamique relative au traitement des morts et avec les pratiques culturelles de ces sociétés pour savoir dans quelle mesure elles correspondent à ce que dit le droit islamique. Certaines pratiques culturelles, telles que l’enterrement rapide ou le refus d’exhumer les morts, peuvent faire obstacle à leur travail. Dans de telles situations, il leur faudra dialoguer avec les institutions islamiques, les érudits et les responsables communautaires pour lever ces obstacles.

Il ne fait aucun doute que l’expertise forensique spécialisée que des institutions comme le CICR ont acquises sont indispensables pour qui veut assurer la protection des corps dans les conflits armés contemporains se déroulant dans des pays musulmans. Cependant, la coopération entre les spécialistes forensiques humanitaires et les juristes islamiques est cruciale pour répondre à ces difficultés et assurer une gestion des morts digne et appropriée dans des pays musulmans. Il n’est jamais trop tard pour tirer les leçons de ce que le corbeau nous a enseigné !

Cet article a été initialement publié en anglais le 1er novembre 2018

Le Dr Ahmed Al-Dawoody est conseiller juridique du CICR pour le droit et la jurisprudence islamiques et professeur invité à l’Académie de droit international humanitaire et de droits humains à Genève, en Suisse. Né en Égypte, il était, avant d’entrer au CICR, professeur assistant en études et droit islamiques à l’université Al-Azhar, au Caire. Il a été sous-directeur des études supérieures à l’Institute for Islamic World Studies et coordinateur du programme de maîtrise en études islamiques contemporaines à l’université Zayed de Dubaï, aux Émirats arabes unis. Il a enseigné en Égypte, aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans les Émirats et en Suisse. Il a contribué à la rédaction de nombreux ouvrages sur le droit islamique et il est l’auteur de plus d’une vingtaine d’articles, ainsi que de l’ouvrage The Islamic Law of War: Justifications and Regulations  (Palgrave Macmillan, 2011).

Notes de bas de page

[1] Voir, par exemple, Dignity in death: Remembrance and the voice of the dead , Oran Finegan, novembre 2017.

< [2] Il convient de noter que dans la tradition juridique islamique, les discussions des juristes musulmans ont une grande influence sur l’interprétation du droit. Il ne s’agit pas simplement de débats, mais plutôt de délibérations, d’argumentaires juridiques, de jugements rendus ou de manuels juridiques islamiques que l’on doit prendre en compte en interprétant le droit islamique. Ces règles islamiques de l’époque classique sont aujourd’hui encore les sources du droit islamique sur lesquelles s’appuient les juristes musulmans et qui constituent la référence. Concernant les principes fondamentaux réglementant l’usage de la force dans le droit de la guerre islamique, voir IHL and Islam :An overview , Ahmed Al-Dawoody, mars 2017.

[3] Voir http://www.alukah.net/sharia/0/87094/ ; http://www.alukah.net/sharia/0/87231/.

[4] Muḥammad ibn Isḥāq, Al-Sīrah al-Nabawiyyah, ‘Abd al-Malik ibn Hishām (dir), annoté par Fu’ād ibn ‘Alī Hḥāfiẓ, Beyrouth, Dār al-Kutub al-‘Ilmiyyah, 2004, vol. 2, pp. 354-356.

[5] La littérature historique islamique ancienne a montré que c’était les femmes qui, sur le champ de bataille, assuraient, entre autres, les fonctions humanitaires que fournissent le personnel de santé soignant et les sociétés de secours dans les conflits armés contemporains. Nonobstant la présence – relevée dans de nombreuses archives – de femmes combattantes sur le champ de bataille, le rôle des femmes consistait alors principalement à soigner les blessés et les malades, à préparer les repas. Voir, par exemple, ḥadīth n° 1812 in ibn al-Ḥajjāj al-Qushayrī,  Ṣaḥīḥ Muslim , Muḥammad Fū’ād ʻAbd al-Bāqī (dir), vol. 3, Beyrouth, Dār Iḥyā’ al-Turāth al-ʻArabī, n.d., p. 1447 ; ḥadīth n° 1065 in A. ibn Ḥanbal, op. cit. note 3, vol. 5, p. 84 ; ḥadīth n° 33650 in ʻAbd Allah ibn Muḥammad ibn Abī Shaybah,  Al-Kitāb al-Muṣannaf fī al-Aḥādīth wa al-Āthār , Kamāl Yūsuf al-Ḥūt (dir), Riyadh: Maktabah al-Rushd, 1988), vol. 6, p. 537 ; Wahbah al-Zuḥaylī, Mawsūʻah al-Fiqh al-Islāmī wa al-Qaḍāyā al-Muʻāṣirah, Damas, Dār al-Fikr, 2010, vol. 7, p. 437.

[6] Voir, par exemple, ibn Isḥāq, Al-Sīrah al-Nabawiyyah , vol. 1, pp. 343 et suiv. ; al-Zuḥaylī, Mawsūʻah al-Fiqh al-Islāmī wa al-Qaḍāyā al-Muʻāṣirah , vol. 7, p. 448

[7] Voir la fatwā n° 4263 délivrée par l’actuel grand mufti d’Egypte le 24 janvier 2018, disponible sur : http://www.dar-alifta.gov.eg/ar/ViewFatwa.aspx?ID=14229&LangID=1

[8] ‘Abd al-Raḥman ibn Gharmān ibn ‘Abd Allah al-Karimī Al-‘Umarī,  Aḥkām al-Shahīd fī al-Fiqh al-Islāmī , Al-Ṭā’if: Maktabah Dār al-Bayān al-Ḥadīthah, 2001, pp. 248-251.

[9] Aḥmad ibn Muḥammad ibn Salāmah al-Ṭaḥāwī, Tawḍīḥ ba‘ḍ al-Muṣṭalaḥāt al-‘Ilmiyyah fī Sharḥ al-‘Aqīdah al-Ṭaḥāwiyyah: Wa ma‘ah al-As’ilah wa al-Ajwibah al-Murḍiyah ‘alā Sharḥ al-Ṭaḥāwiyyah , Muḥammad ibn ‘Abd al-Raḥman al-Khamīs (dir), Koweit, Dār Ilāf, 1999, p. 214. Voir Asma Afsaruddin, Striving in the Path of God: Jihād and Martyrdom in Islamic Thought New York, Oxford University Press, 2013, pp. 102-105.

[10] ʻAlī ibn Aḥmad ibn Saʻīd ibn Ḥazm,  Al-Muhallā , Committee of the Revival of Arabic Heritage (dir), Beyrouth, Dār al-Āfāq al-Jadīdah, n.d., vol. 5, p. 117.

[11] Voir al-Zuḥaylī,  Mawsūʻah al-Fiqh al-Islāmī wa al-Qaḍāyā al-Muʻāṣirah , vol. 7, p. 445 ; ‘Abd Allah ibn ‘Umar ibn Muhammed ibn al-Saḥaybānī,  Aḥkām al-Maqābir fī al-Sharī‘ah, Dammam, Dār ibn al-Jawzī, 2005, p. 233.

[12] Voir Aḥmad ibn ʻAlī ibn Ḥajar al-ʻAsqalānī,  Fatḥ al-Bārī Sharhḥ Ṣaḥīḥ al-Bukhārī , Muḥib al-Dīn al-Khaṭīb (dir), Beyrouth, Dār al-Maʻrifah, n.d., vol. 3, p. 184 ; Muḥammad ‘Abd al-Rahman ibn ‘Abd al-Rahīm al-Mubarkāfūrī,  Tuḥfah al-Aḥwadhī bi-Sharḥ Jāmiʻal-Tirmidhī , Beyrouth, Dār al-Kutub al-‘Ilmiyyah, n.d., vol. 4, p. 82.

[13] Voir ‘Abd al-Ra’ūūf al-Mināwī,  Fayḍ al-Qadīr Sharḥ al-Jāmi‘al-Ṣaghīr, Le Caire, Al-Maktabah al-Tujāriyyah al-Kubrā, 1937, vol. 3, p. 310.

[14] Voir, par exemple, Muḥammad al-Ghazālī,  Al-Waṣīṭ fī al-Madhhab , Aḥmad Maḥmūd Ibrāhīm et Muḥammad Muḥammad Tāmir (dir), Le Caire, Dār al-Salām, 1997, vol. 2, p. 390 ; Muḥammad ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ikhwah,  M‘ālim al-Qurbah fī Ṭalab al-Ḥisbah , (dir), Muḥammad Maḥmūd Sha‘bān and Ṣiddīq Aḥmad ‘Isā al-Muṭī‘ī, Le Caire, Al-Hay’ah al-‘Āmmah lil-Kitāb, p. 106, Ḥasan ibn ‘Ammār Shurunbulālī,  Kitāb nūr al-Iḍāḥ wa Najāt al-Arwāḥ, Damas, Dār al-Ḥikmah, 1985, p. 98.

[15] Voir, par exemple, al-Ghazālī,  Al-Waṣīṭ , vol. 2, p. 390 ; Shurunbulālī,  Kitāb nūr al-Iḍāḥ wa Najāt al-Arwāḥ , p. 98 ; Ibn al-Ikhwah, M‘ālim al-Qurbah , p. 106

[16] Voir, par exemple, Ibn al-Saḥaybānī,  Aḥkām al-Maqābir fī al-Sharī‘ah , pp. 492 et suiv.

[17] Muḥammad al-‘Arabī al-Qarawī,  Al-Khulāṣah al-Fiqhiyyah ‘alā Madhhab al-Sādah al-Mālikiyyah, Beyrouth, Dār al-Kutub al-‘Ilmiyyah, n.d., p. 157; Ibn al-Saḥaybānī,  Aḥkām al-Maqābir fī al-Sharī‘ah , p. 43.

[18] Ibn al-Saḥaybānī,  Aḥkām al-Maqābir fī al-Sharī‘ah , pp. 43-45.

Guerre, droit et espace extra-atmosphérique : des pistes pour réduire le coût humain des opérations militaires spatiales

Guerre, droit et espace extra-atmosphérique : des pistes pour réduire le coût humain des opérations militaires spatiales

22 minutes de lecture  Action humanitaire / Droit et conflits / Religion Wen Zhou

Protéger l’éducation contre les attaques de groupes armés non étatiques

Protéger l’éducation contre les attaques de groupes armés non étatiques

15 minutes de lecture  Action humanitaire / Droit et conflits / Religion Jerome Marston

Commentaires

Il n'y a aucun commentaire.

Cliquez ici pour annuler la réponse.

Votre e-mail* (ne sera pas publié)

Votre commentaire

  • عربي
  • Español
  • Français
  • Garçons & Filles
  • Récits des nouveaux convertis
  • Qui sommes-nous?
  • Site de la femme

L'Islam et les droits du voisin

  • Catégories: Purification de l’âme

regle a respecter dans lislam

Articles en relation

regle a respecter dans lislam

Risques liés à désertion des ambiances qui font rapprocher d'Allah

Cinq vertus permettent d’accéder au paradis, la noblesse de caractère ou le bon caractère, ‘africa is not poor, we are stealing its wealth’, multimédia.

  • Coran Récitations
  • Conférences
  • Nouveaux Services

Other Links

  • Prayer Times

regle a respecter dans lislam

© 2008-2024,IslamWeb,Tous droits réservés.

regle a respecter dans lislam

regle a respecter dans lislam

THE PROMISED

A Prophet to Unite Mankind in the Latter Days

The Successorship of Prophethood

regle a respecter dans lislam

Browse Al Islam

Mirza Masroor Ahmad

by Hazrat Mirza Masroor Ahmad

regle a respecter dans lislam

Read text of over 180 addresses

regle a respecter dans lislam

by Hazrat Mirza Ghulam Ahmad

regle a respecter dans lislam

Khilafat: Successorship to Prophethood

Learn about the history, significance and re-establishment of this divine institution. more

regle a respecter dans lislam

The Grand Prophecy of the Eclipses

Learn more about this prophecy and how it was fulfilled. more

The Holy Prophet

Articles of faith.

  • Unity of God
  • His Prophets
  • The Last Day
  • Divine Decree

Five Pillars

Selected topics.

  • Character of Muhammad (sa)
  • Muhammad in the Bible
  • Jihad & Terrorism
  • Women in Islam
  • Prayer (Salaat) Guide
  • more topics…

regle a respecter dans lislam

The Promised Messiah

regle a respecter dans lislam

Hazrat Mirza Masroor Ahmad

regle a respecter dans lislam

The Tomb of Jesus

  • Finality of Prophethood
  • Return of Jesus
  • Re-Institution of Khilafat
  • Conditions of Initiation
  • International Other Languages Albanian Arabic Bangla Bosnian Bulgarian Chinese Croation (Hrvatski) Czech Danish French German Greek Hebrew Hindi Indonesian Italian Japanese Kannada Kazakh Korean Kurdish Kyrgyz Macedonian Malayalam Maltese Nederlandse Nepali Norwegian Odia (Oriya) Persian Polish Portuguese Punjabi (Gurmukhi) Russian Slovenian Spanish Swahili Swedish Tamil Telugu Turkish Urdu Uzbek Affiliated Sites...
  • Islamic FAQ
  • Press Releases
  • Ruhani Khaza'in
  • Mirza Masroor Ahmad
  • Holy Prophet
  • Promised Messiah
  • Friday Sermons
  • Write to the Khalifa
  • Technical Issue

Diverse group of individuals with different religious backgrounds, symbolizing unity and harmony among various faiths. ING Header Image

Building a More Inclusive and Equitable America

We’re Americans of diverse ethnic and religious backgrounds working together towards peace in our country and around the world.

Diverse hands in unity, symbolizing no racism.

Our mission is to promote peace among all, by fostering a deeper, more nuanced understanding of Muslims and other faith-based, racial/ethnic, and cultural communities, through teaching, learning, and engaging across differences.

ING supports educators and trainers with speakers and online curriculum to foster an inclusive classroom environment.

We support educators and trainers with speakers and online curriculum

regle a respecter dans lislam

We train educators and trainers about diverse populations

People gathered for the Know Your Neighbor program by Islamic Networks Group, promoting community understanding and harmony.

We provide opportunities for people of all backgrounds to engage with one another

How We Do It

Tailored content.

We tailor our presentations and panels for each audience group. No two ING presentations or events are alike.

Expert Speakers

We select speakers who represent their communities through their identification with and active membership in community organizations.

Professional Development

We train educators and trainers to train their co-workers and add to their internal Diversity, Equity, and Inclusion policies.

Online Resources

We produce content that supplements existing courses or curriculum and addresses contemporary issues.

Working to Make a Difference

report ING content is relevant, and fulfills their needs and expectations.

give high ratings to our speakers’ skills in knowledge, delivery, and effectiveness.

report high rates of satisfaction with our presentations and panels.

Upcoming ING Events

regle a respecter dans lislam

Getting to Know Muslim Americans and Their Faith

Thursday, January 11th, 2024

regle a respecter dans lislam

Combatting Islamophobia and Antisemitism

Wednesday, January 17th, 2024

regle a respecter dans lislam

Countering Islamophobia in Education

Friday, January 19th, 2024

The Latest From ING

regle a respecter dans lislam

Peace Greetings for the New Year

Join us in peacebuilding.

regle a respecter dans lislam

Join us in Combatting Islamophobia and Antisemitism

Listening to those we serve.

regle a respecter dans lislam

The entire experience of planning a series of seminars with ING was inspirational. They did an amazing job. The ING team welcomed input along the way which allowed each session to be even better than the one before it. We will continue to work with ING as I am confident that they will continue to provide value in our work.

City Human Resources Director

regle a respecter dans lislam

I thought the ING seminar, “Preventing and Responding to Anti-Muslim Bigotry,” was an extremely valuable training for law enforcement, especially in today’s day and age with all the misunderstandings and misperceptions of the Muslim community…I feel this training will help my staff and I in developing better relationships and in responding to the needs of our community. I highly recommend this training to others.

Police Captain

regle a respecter dans lislam

Stay Connected

Sign up for the ING newsletter to receive news and announcements.

regle a respecter dans lislam

regle a respecter dans lislam

Bibliograpy of Kerouac's Haikus*

*Haiku is both singular and plural. Kerouac's usage of " s " is unusual.
A poetry broadside featuring a haiku by Jack Kerouac (which later appeared in the posthumous Scattered Poems) and a 1956 line drawing of Kerouac by Robert LaVigne. Published "As a memoriam - J.K., March 12, 1922 - October 21, 1969"; by Ann and Samuel Charters. At the bottom is printed "This was to have been published as Portents 12, but it was sadly delayed, and these copies have been printed, as an expression of our love, for his friends." November - how nasal the drunken Conductor's call
Kerouac (1971) published twenty-six haiku on four pages in his seventy-six page collection Scattered Poems.
Kerouac collaborated with Albert Saijo and Lew Welch on a prose and haiku diary of a car trip across the U.S. in 1959 which was eventually published as a slim book in 1973 as Trip Trap: Haiku along the Road from San Francisco to New York (Ungar 1982).

Né en 1922, Jack Kerouac est un écrivain américain dont l'œuvre prolifique fut publiée principalement entre 1950 et 1969, année de sa mort. Il est l'auteur de romans, mais aussi de recueils de poésie, d'articles et d'essais. La partie essentielle de son œuvre demeure la «Légende de Duluoz», composée de 13 ouvrages, et formant une sorte de recréation autobiographique de sa propre existence à l'intérieur d'une vision lyrique et poétique de l'Amérique: «La véritable histoire de ce que j'ai vu et comment je l'ai vu» (1), dira-t-il.

Au beau milieu de la frénésie des années cinquante, Jack Kerouac, à l'instar de beaucoup d'écrivains américains des générations précédentes, choisit l'errance. Il est indéniable que cette dernière était la solution existentielle idéale pour un écrivain qui voulait écrire au delà des systèmes afin de retrouver l'Amérique mythique, et l'homme dans sa pureté et sa primitivité originelles.

Il fallait donc à Kerouac un espace géographique et un champ de conscience très larges qu'il puisse investir sans demi-mesure afin de laisser son esprit souffler en toute liberté. C'est ainsi qu'est née la «Légende de Duluoz», fruit désorienté de longues années de cheminement géographique à travers l'Amérique, mais aussi quête spirituelle erratique d'un être fasciné par la souffrance humaine. Au quatre coins de ce continent, à travers son expérience propre, Kerouac a créé une œuvre ontologique qui manquait à la littérature américaine.

Si certains en empruntent la forme, les ouvrages de Kerouac ne sont pas à proprement parler des romans au sens classique d'œuvres d'imagination constituées par un récit en prose. Kerouac a lancé son écriture dans toutes les directions, a envisagé toutes les perspectives afin de, sinon trouver une réponse, au moins cerner l'enchaînement des maux de l'homme à travers des personnages qui ne sont que les incarnations de ses propres positions et attitudes. Kerouac triche peu avec Jack Duluoz, Sal Paradise, Ray Smith ou Leo Percepied, et pour une simple raison: l'écrivain et ses narrateurs ne sont qu'une seule et même personne et forment un je multiple et complexe. Qui plus est, l'honnêteté de l'écrivain est une règle d'or chez Kerouac. C'est pourquoi, les narrateurs sont les personnifications des différentes contradictions de l'auteur et, au delà, de l'homme. Ils représentent chacun une disposition par rapport à l'existence. L'œuvre de Kerouac est ainsi une œuvre d'humeurs. Elle est versatile et extravagante.

L'errance kerouacienne à travers la souffrance fut favorisée par deux contextes différents. D'une part, un contexte d'après-guerre où prédominent le malaise social et l'impression d'une catastrophe imminente, et caractérisée sur le plan intellectuel et artistique par une inclination existentialiste et nihiliste. D'autre part, un contexte éducatif régenté par la mère et le souvenir du frère aîné, et lié à une morale chrétienne sévère ainsi qu'aux croyances populaires qui nourrissent une conscience accrue du bien et du mal.

À partir de ces deux pôles, s'opère une réflexion, à la fois sur les origines de la souffrance et sur la mort. Cette réflexion couvre, dans l'œuvre, trois champs d'investigation à travers lesquels Kerouac tentera de trouver une sagesse, une sapience, en tant que connaissance du monde et de son ordre.

Le champ chrétien, que l'on retrouve dans tous les ouvrages de Visions de Gérard à Big Sur , implique la foi en Dieu dans l'humilité la plus totale et le respect d'autrui par l'amour et la charité. Kerouac y rencontrera la souffrance dans sa rébellion contre la dialectique du bien et du mal et les paradoxes que celle-ci engendre. Il incline alors vers une sorte de philosophie de l' inévitable fondée sur le mal moral et le mal naturel, tous deux à l'origine de la perte de l'innocence et de la scission de l'âme. La souffrance humaine débouche, pour Kerouac, sur la compassion et privilégie une propension à l' expérience du mourir ainsi qu'à un élan vers l'Au-delà.

Le champ existentiel mène Kerouac à la fuite hors du temps. C'est l'expérience de Sur la route , symbolisée par la quête du IT , et qui se révèle être une fuite devant la mort. Néanmoins Kerouac tente également de montrer que l'origine de la souffrance est dans la perte d'une félicité prénatale ( lost bliss ) qui justifierait un mouvement mystique vers la mort/passage en tant qu'unique moyen de renouer avec cette félicité perdue. La dynamique d'Éros serait aussi un moyen d'y parvenir selon Kerouac. Cependant, Éros est également déchirure de par la passion qu'il suscite, et conduit à l'être-en-soi qui est mort/néant. La notion kerouacienne de l'existence est régie par le sentiment de la perte et de l'égarement dans l'ignorance de la parole divine.

Par le biais des Clochards célestes , des Anges de la désolation , ou Tristessa , le champ bouddhiste apporte à Kerouac une respiration, un souffle nouveau. Partant des deux premières nobles vérités bouddhistes selon lesquelles toute vie est souffrance conditionnée par l'ignorance du cycle de la naissance et de la mort, Kerouac opte pour une conduite éthique basée sur la compassion. L'idée d'impermanence sur laquelle repose la perception bouddhiste conduira Kerouac à considérer l'existence comme un rêve déjà terminé ( a dream already ended ). À partir de cette notion, il prône le Rest-and-Be-Kind basé sur le wu-wei taoïste (non-action), détachement nécessaire à la libération.

C'est dans le cadre de l'étude du bouddhisme que naîtra l'engouement de Kerouac pour la forme poétique épurée du haïku. Comme la graine qui contient l'arbre en germe, ces courts poèmes de trois vers seront autant de moments d'épiphanie et d'intense réalisation ponctuant la difficile voie vers la sagesse.

Kerouac connaissait l'histoire du Bouddha dès 1951. La lecture d'Oswald Spengler lui aurait permis d'acquérir quelques rudiments tandis que celle de Thoreau l'aurait familiarisé avec un certain nombre de textes hindous et chinois. En 1954, il s'enferme dans la bibliothèque de San Jose en Californie pour y découvrir The Life of the Buddha d'Ashvagosha (2). Ann Charters, sa première biographe, rapporte qu'il prit également d'abondantes notes à partir de The Buddhist Bible de Dwight Goddard, la Bhagavad Gita , The Yoga Precepts , Vedic Hymns , des sutras bouddhistes, et des écrits de Lao-tseu et Confucius (3). Les textes les plus influents furent le Vajrachchedikâ-prajnâ-pâramitâ-sûtra ( Sutra de la Sapience du Diamant ), le Shûrangama-sûtra ( Sutra de l'héroïque ), le Lankâvatâra-sûtra ( Sutra de la descente à Ceylan ), le Tao-tô-king , et les discours et sermons de Houeï Neng, sixième patriarche zen (4). Ainsi que le rapporte Kerouac, c'est le bouddhisme Mahayana (Grand Véhicule) , cette école libérale qui gagna le Tibet et la Chine pour ensuite s'arrêter au Japon, qui fait l'objet de son rattachement. Cependant, le bouddhisme Hinayana (Petit Véhicule), forme originelle du bouddhisme tel qu'il naquit en Inde, ne lui était pas inconnu puisqu'il en revendique l'influence sur son écriture dite religieuse (5). Hormis les six ouvrages de la «Légende de Duluoz» à forte tendance bouddhique ( Tristessa , Les clochards célestes , Les anges de la désolation , Big Sur , et Visions de Gérard ), il reste un recueil de poèmes intitulé Mexico City Blues que Gary Snyder qualifiait, en 1958, «d'intéressants poèmes bouddhistes contemporains» (6), et, surtout, l' Écriture de l'éternité d'or , véritable sutra, écrit en 1956, qui représente l'aboutissement de trois années d'étude et de méditation. En outre, Some of the Dharma , écrit entre 1954 et 1955, compile toutes les notes de lectures que Kerouac avait accumulées. Au cours des années cinquante, Il rédigea également quelques articles dans lesquels il explicite ses prises de position. De nombreux poèmes et courts textes inédits tels que «The Little Sutra» ou «A Dream Already Ended» sont directement inspirés du bouddhisme. Il en va de même, enfin, de la pléthore de haïkus que Kerouac nous a laissés.

Au delà de l'écriture fiévreuse de la «Légende de Duluoz», sans aucun doute le haïku fut-il pour Kerouac ce qui correspondait le plus étroitement à ses attentes de spontanéité, de fraîcheur, et de simplicité dans le cadre de sa quête spirituelle.

Prêtons une oreille attentive à son enseignement sur la composition du haïku:

Kerouac – «Non, d'abord un haïku est meilleur lorsqu'il est retravaillé et révisé. Je le sais, j'ai essayé. Il doit être totalement économique, pas de feuillage, ni de fleurs et de langue rythmée, ce doit être une simple petite image en trois vers. C'est en tout cas la manière dont les maîtres anciens le pratiquaient, passant des mois sur trois vers pour arriver, disons à: Sur le bateau abandonné       la grêle rebondit çà et là C'est de Shiki.» Berrigan – «Comment écrivez-vous un haïku?» Kerouac – «Un haïku? Vous voulez entendre un haïku? Voyez-vous, on doit compresser en trois vers courts une très longue histoire. On commence d'abord par une situation de haïku. Ainsi, on voit une feuille tomber sur le dos d'un moineau durant une grosse tempête d'octobre. Une grosse feuille tombe sur le dos d'un petit moineau. Comment allez-vous compresser cela en trois vers? En japonais, on doit compresser ça en dix-sept syllabes. On n'est pas obligé de le faire en américain ou en anglais parce qu'on n'a pas la même merde syllabique que la langue japonaise. Alors on dit: Petit moineau – on n'est pas obligé de dire petit – tout le monde sait qu'un moineau est petit... Alors on dit: Un moineau       avec une grosse feuille sur le dos Tempête Non c'est pas bon, ça ne marche pas, je le rejette: Un petit moineau       Quand une feuille d'automne soudain se colle à son dos Provenant du vent Ah, voilà. Non, c'est un petit peu trop long. Vous voyez? C'est déjà un petit peu trop long, Berrigan, vous voyez ce que je veux dire?» Berrigan – «Il semble qu'il y ait un mot en trop ou quelque chose comme quand . Et si on enlevait quand et disait: Un moineau       une feuille d'automne soudain se colle à son dos avec le vent .» Kerouac – «Hé, c'est bien. Je crois que quand était le mot en trop. Vous avez eu une bonne idée là, O'Hara! Un moineau, une feuille d'automne soudain – On n'a pas besoin de dire soudain , n'est-ce pas? Un moineau       une feuille d'automne se colle à son dos avec le vent! » (7)

Il y a dans cet extrait d'un long entretien publié en 1969 dans la revue The Art of Fiction , l'essentiel de l'approche du réel par le haïku. Sans prétendre avoir composé un poème achevé, et en toute modestie, Kerouac montre à quel point il est fondamental de retravailler un haïku, de le parfaire afin d'atteindre la simplicité et l'économie. Il met en évidence, avec un souci pédagogique certain, les diverses étapes de la composition qui mènent à la justesse de la perception. Enfin, Kerouac donne à voir ce que l'on pourrait appeler le défi du haïku, c'est-à-dire réduire la réalité, une longue histoire en trois petits vers. L'exemple qu'il choisit est en cela évocateur. Son image de départ est celle microcosmique d'un moineau sur le dos duquel s'est posé une feuille. Mais ce moment représente un infime détail à l'intérieur du cadre incommensurable du vent et de l'automne.

Grâce à cette description joviale de la composition du haïku, on aura remarqué à quel point Kerouac se situe dans la mouvance des grands maîtres japonais et d'une tradition qu'à l'évidence il souhaite respecter.

En effet, Kerouac fournit ici un exemple de haïku composé dans le respect des règles classiques. Le poème comporte un kigo (mot de saison) et un kiregi (césure). En outre, il est construit à partir d'une perception soudaine (feuille collée au dos du moineau) et d'une condition ou situation (vent/moineau).

Kerouac se conforme à la pratique de Bashô qui donna ses lettres de noblesse au haïku. Ce poète était un traditionaliste et suivait les règles de composition classiques. Il n'attachait cependant pas une importance absolue à l'utilisation du kigo et du kireji . Au contraire, l'apport essentiel de Bashô consiste à mettre en avant la profondeur du contenu et la sincérité du poète.

L'exemple de poème proposé par Kerouac est à plus d'un titre révélateur de l'esprit dans lequel on compose un haïku. Ainsi, il montre clairement que ce genre poétique est d'abord l'expression de l'observation d'un événement naturel. D'autre part, l'épuration lexicale à laquelle il procède met en évidence l'importance de la clarté et de la vérité, du vrai. Le haïku ne saurait souffrir l'artifice verbal, ce que Kerouac appelle le feuillage ou les fleurs (8). Le haïku participe du silence de la nature.

Parlons zen à présent. En effet, nous ne pouvons aborder le haïku en le dissociant du courant bouddhiste duquel il se nourrit. Kerouac lui-même est, à cet égard, très clair:

«La part de zen qui a influencé mon écriture est le zen contenu dans le haïku, comme je l'ai dit, ces poèmes en trois vers de dix-sept syllabes écrits il y a des centaines d'années par des types comme Bashô, Issa, Shiki, et il y a des maîtres récents. Une phrase courte et douce avec un saut de pensée soudain est une sorte de haïku; il y a là beaucoup de liberté et d'amusement à s'y laisser surprendre soi-même, à laisser l'esprit sauter de la branche à l'oiseau.» (9)

Les éléments de liberté et de surprise sont essentiels au zen et par conséquent au haïku. Ils participent tout deux de cette attitude qui consiste à laisser venir les choses à soi, dans l'acceptation la plus totale, ce que Kerouac résume parfaitement par «laisser l'esprit sauter de la branche à l'oiseau». Il ne s'agit pas ici de l'esprit en tant qu'intellect. Il s'agit au contraire de l'esprit originel qui dépasse les mots et ne spécule pas mentalement:

Dans Les anges de la désolation , Kerouac prend l'exemple de l'ours qui «continuellement entend la course rassurante et enchanteresse du silence, sauf près du ruisseau...» L'ours ne «discourt jamais..., ne prête pas attention aux choses animées ou inanimées» (10). Au même titre que le zen, c'est aussi toute la philosophie du Tao qui transparaît dans ce haïku. Ainsi dans le Tao-tô-king, Lao-tseu indique que «parler rarement est conforme à la nature» ou bien encore que «celui qui sait ne parle pas / celui qui parle ne sait pas» (11). Il y a là une autre utilisation de l'intelligence qui participe de la force du silence, de la méditation sur soi-même et d'un rapport contemplatif à l'univers. Le rapport au silence est donc la condition de l'expérience spirituelle. Kerouac souhaite la conscience essentielle – et non la science – que seul le silence de la nature intimement fondu en son être intérieur pourra faire éclore. Ce silence de la nature est celui que l'on perçoit quelquefois de manière fulgurante dans un présent qui contient l'éternité:

Le silence imprègne la totalité de ce haïku. Le givre recouvre la nature d'un voile de paix que la progression lente des chats ne vient pas troubler. Le mouvement et le silence s'inscrivent dans l'éternité du présent. En outre, le silence inhérent à la nature fait surgir l'essence de toute chose, c'est-à-dire le vide:

C'est encore en observant un phénomène naturel que Kerouac perçoit le vide. «Tous les êtres du monde sont issus de l'Être; l'Être est issu du néant» (12) nous dit Lao-tseu. Ainsi l'aurore boréale est-elle un phénomène intangible qui procède du Néant. En auréolant le mont Hozomeen, elle rappelle à l'auteur que la montagne aussi est du domaine du non-être. «Le vide est encore plus calme» indique une perception plus subtile de la réalité. Le silence est là comme un révélateur. Il accompagne toute vérité. Dans Visions de Gérard , Kerouac donne en exemple les nuages pour montrer le vide inhérent à toute chose: «...Contemplant les nuages blancs qui passent, ces fantômes parfaits du Tao qui se matérialisent, et puis voyagent et puis s'en vont, dématérialisés, dans une vaste planète du vide, comme les âmes des gens, comme les gens substantiels et charnus eux-mêmes...» (13). Les nuages, qui se matérialisent puis se dématérialisent, agissent dans un silence qui, si l'on s'en imprègne, nous révèle que tout, substantiel ou non, participe du même processus.

La pénétration du vide de la nature et du silence des choses est donc fondamentale, car elle implique alors la conscience essentielle. Le mot nature renvoie par ailleurs à l'essence, à l'origine, à la matrice, là où tout est un. L'homme, à son contact, découvre qu'il est, lui aussi, partie intégrante du cosmos:

Kerouac montre bien ici comment par le retour à l'essence (le chant des oiseaux), il retourne à lui-même. Il fait alors corps avec eux. Sa perspective de l'histoire, c'est-à-dire son identité sociale, ce que nous appelons nos repères, qu'ils soient spatiaux ou temporels, s'effacent. L'identification avec l'objet perçu est si intense que le soi en est oublié. C'est une notion zen que Kerouac avait trouvé chez Houeï Neng: «On ne devrait pas regarder l'objet, mais être comme l'objet» (14), mais aussi chez Bashô qui disait que lorsque l'on écrit, pas un seul cheveux ne doit nous séparer du sujet, qu'il faut s'exprimer directement et aller vers celui-ci sans pensées errantes (15).

Au delà du simple retour à la nature, l'intérêt de Kerouac se porte vers la conception orientale selon laquelle l'univers devient spirituel quand l'homme est au contact de la matière: «Plus tu te rapproches de la vraie nature, mon vieux, et plus tu comprends que le monde est esprit – air, roc, feu et bois» (16). De ce fait, le haïku est un moyen de transcrire le sacré qui est au cœur de tous les éléments constitutifs de l'univers:

Il y a là une osmose originelle de spiritualité et de prosaïsme que ce poème exprime sans ambiguïté. L'ouïe et la vue sont mêlées et font le lien entre le son sacré de la cloche et l'insecte. L'humble et minuscule chenille est partie prenante de l'univers et donc digne d'intérêt. Tout dans le haïku rappelle l'humilité (17), depuis la thématique jusqu'au choix des mots, en passant par la structure brève du poème. En vertu du principe taoïste selon lequel c'est en diminuant que l'on augmente (18), le commun, le vulgaire, le simple sont la raison d'être du haïku:

Car tout est empreint de l'esprit du Bouddha, tout dans la nature, êtres et choses, animés ou inanimés, est potentiellement Bouddha en devenir:

Ainsi le bûcheron, avec son clin d'œil complice et serein, est Bouddha. Il n'est ni ici ni là. Il est simplement nulle part et cependant, il fait partie intégrante de l'univers. Il est esprit de Bouddha tout comme Kerouac lorsqu'il médite. La réalisation que l'on est Bouddha durant la méditation est essentielle car elle renvoie à la définition du mot esprit . Du latin spiritus qui signifie souffle , ce mot indique le principe immatériel, la substance incorporelle de l'âme. Ce qui doit retenir notre attention, c'est précisément l'étymologie du mot, c'est-à-dire souffle , donc respiration . Le souffle ou plutôt la respiration est l'élément essentiel du bouddhisme zen. La pratique zen est premièrement une concentration sur la respiration. Spiritus , le souffle, donne la vie animale, végétale et minérale autant que spirituelle. Il n'y a ainsi pas de vie spirituelle sans souffle. Apprendre à respirer ou même prendre conscience de sa respiration, c'est être en marche vers la spiritualité. La composition du haïku est de ce point de vue extrêmement significative, car comme le rappelle Alain Kervern, «le nombre maximum de syllabes que l'on puisse prononcer d'un seul trait se situe autour de dix-sept. Il s'agit par conséquent d'un rythme lié aux pulsions les plus élémentaires de l'homme» (19). Les dix-sept syllabes du haïku japonais accompagnent le souffle naturellement et spontanément sans contraindre son cours. C'est ainsi que le haïku doit être un souffle momentané et s'inscrire à l'intérieur de la respiration, puis doit permettre au poète une immersion dans la vie impersonnelle de la nature, par une identification fugace. Car selon le taoïsme, seul le reflet bref et fugitif existe. La connaissance est dans l'instant, dans la conscience instantanée de l'unité. En communiquant spontanément avec la nature, l'homme comprend qu'à l'intérieur de lui-même gît une dimension qui est commune à toute les choses:

Dans ces deux haïkus, Kerouac a bien mis en évidence la fugacité du moment ainsi que l'identification de l'homme à la nature. Le premier est merveilleux de vivacité et de mouvement, de vie en somme. L'on cherche à identifier l'oiseau et, dans cette identification, on se fond dans le mouvement de la nature, on s'y plonge pour demeurer enfin dans la suspension de la branche. Dans le second poème, l'identification est plus prégnante encore. L'on devient le papillon qui dort sur la cloche. On plonge dans son sommeil pour se réveiller avec lui. Tout nous rappelle ici que nous ne sommes pas différents de l'insecte et que toutes les choses sont mutuellement communicables. Avec le thème du papillon, Kerouac reprend ici un sujet cher aux compositeurs de haïku qui l'avaient emprunté eux-mêmes au penseur taoïste Tchouang-tseu. Après avoir fait un songe dans lequel il se prenait pour un papillon, ce dernier se réveilla et posa cette fameuse question: «Suis-je un homme rêvant qu'il est papillon, suis-je un papillon rêvant qu'il est un homme?» (20) Le papillon étant un être éphémère, ces deux versets nous renvoient à la brièveté de notre existence, mais ils nous rappellent aussi à l'illusion qui consiste à vouloir fragmenter l'univers. Ainsi Kerouac fait-il à son tour cette expérience lorsqu'il écrit:

Si les êtres et les choses sont mutuellement communicables, alors nous ne sommes pas ce que nous croyons être. L'identité est futile ou plutôt il y a une identité mutuelle des phénomènes. Une doctrine Avatamsaka dit que l'univers peut être observé sous quatre angles différents: 1) les phénomènes; 2) le noumène; 3) l'identité du noumène et des phénomènes; 4) l'identité mutuelle des phénomènes (21). Or, une des propriétés fondamentales du haïku réside dans la faculté du poème à cerner l'en-soi du cosmos en trois vers. Ainsi l'écriture du haïku ne se résume pas à une simple observation fragmentée de la nature. Ce genre poétique permet de comprendre l'interaction entre le noumène, les phénomènes, et leur identité mutuelle par une plongée soudaine de l'être dans l'objet perçu. Ce qui a donc motivé Kerouac dans sa pratique du haïku, c'est précisément cette accession à l'essence du monde par son objectivation.

Le processus d'identification momentanée de l'homme avec la nature fait l'objet d'un concept zen du nom de sabi et que le grand haïkiste Bashô prônait dans la composition du haïku. Le sabi est d'abord la beauté avec un sens de solitude dans le temps. Mais il s'agit d'une solitude joyeuse. C'est pourquoi le sabi est, dans le bouddhisme zen, associé à la première expérience monastique, lorsqu'un grand degré de détachement est cultivé. Kerouac avait, lui aussi, bien assimilé ce qu'Alain Kervern appelle le «sentiment de nostalgique solitude» (22):

Ces cinq poèmes révèlent ce sentiment de solitude et de mélancolie. Il y a là une sensation de l'univers vide et vaste dans lequel notre propre moi microcosmique est absorbé. Le haïku nous laisse face à l'absence, c'est-à-dire face à nous-mêmes. Il n'y a pas ici d'état d'âme particulier, ni bien ni mal. Au contraire il y a un détachement total, un regard équivalent et stable sur les hommes, les choses, et les actions. On décèle presque une certaine légèreté, une paix de l'esprit que l'on retrouve même face à la souffrance et la mort:

Là encore, c'est l'humilité dans la perception, l'apparente insignifiance des sujets (la mort des fleurs, d'un oisillon, et d'une mouche) qui banalisent l'idée de la mort. D'où cette légèreté, cette paix de l'esprit avec lesquelles Kerouac aborde le sujet et qui prennent leur source dans l'idée du karumi inhérent à tous les arts liés au zen. C'est «l'expression artistique du non-attachement, le résultat de la calme prise de conscience de vérités profondément ressenties.» (23):

La perception des coquelicots, de leur couleur, de leur présence, déclenche une prise de conscience à la fois de la manifestation sensible et de l'en-soi des choses. Aussi Kerouac accède-t-il à la vérité de l'univers et ne voit-il plus la mort comme une fin effrayante. L'utilisation du mot délicatesse vient bien ici renforcer l'idée de légèreté.

Une des leçons spirituelles que Kerouac tire de la pratique du haïku c'est que la nature, pour précaire et éphémère qu'elle soit, n'en est pas moins principe de changement et de diversité. Tout naît, puis tout meurt pour renaître et mourir à nouveau. Alors la souffrance et la mort sont là simplement et intrinsèquement, inscrites dans la vie même. À travers l'expérience spirituelle du haïku, Kerouac les dédramatise, les voit comme elles sont, loin de toute considération affective et intellectuelle, loin de tout jugement dualiste. Il ne s'exprime plus sur la nature, il la laisse s'exprimer, dire ce qu'elle est sans contrainte. La pratique poétique du haïku est donc non-attachement au verbe (peu de mots en trois vers), et non-attachement au monde (car il est souffrance et soumis à évolution constante). Mais parce qu'elle est non-attachement, elle est aussi non-agir au sens du wu-wei taoïste:

Le non-agir est «une attitude de non-intervention dans le cours naturel des choses, une spontanéité totale qui s'adapte sans la moindre idée préconçue ni la moindre intention à chaque situation nouvelle... Fondamentalement wu wei consiste donc à circonscrire son action dans les limites du naturel et de la nécessité». (25) C'est dans cet esprit que Kerouac déclarait:

«J'avais l'intention de prier aussi; telle serait ma seule activité. Je prierais pour tous les êtres vivants. C'était, me semblait-il, la seule occupation honnête encore possible en ce bas monde. Je me réfugierais au bord d'une rivière, ou sur une montagne, ou dans un désert, une hutte au Mexique ou une cabane dans les monts Adirondacks, pour chercher la paix, pratiquer la bonté et ce que les Chinois appellent le rien-faire .» (26)

C'est également dans cet esprit qu'il voyait la pratique du haïku comme une extension poétique de son expérience spirituelle. En ce sens le haïku serait la forme poétique du non-agir. Quand bien même il est vrai que poésie vient du grec poïos qui en grec signifie fabriquer , faire , le haïku, au contraire, ne fabrique pas, il capte au moyen de quelques mots. Dans une perspective de compassion il ne crée pas, ni ne s'accapare la nature.

Il nous reste à parler d'errance, celle là même qui est au cœur de l'œuvre de Kerouac. On trouve là encore une justification supplémentaire de l'engouement de l'auteur pour le genre poétique du haïku. En effet, ce dernier participe aussi de l'errance au sens noble et ontologique du terme, c'est-à-dire au sens de marche, de voyage vers l'Être. Kerouac était un voyageur tout comme Bashô et les plus grands haïkistes japonais. Un pèlerin donc, pour qui l'errance dans son esprit inhérent d'ouverture était liée au non-agir taoïste ( wu-wei ). Ceci nous ramène tout naturellement à Thoreau et à sa conception de la marche. Dans son essai intitulé Walking , Thoreau préfère le verbe saunter au verbe walk . Saunter signifie flâner mais son étymologie apporte une dimension sacrée à l'acte de marcher. En effet, saunterer provient de la déformation du français sainte terre , celui qui, au Moyen Âge, parcourait le pays, en marche vers la Terre sainte, et vivait de charité. Pour Thoreau, ceux qui, durant leur marche, ne se rendent jamais en Terre sainte, ne sont que de «simples oisifs et vagabonds» (27). En revanche, ceux qui s'y rendent sont des marcheurs ( saunterers ) au vrai sens du terme. Kerouac se place fondamentalement dans l'optique de Thoreau qui est celle de la marche en tant qu'acte vers le sacré. L'écriture du haïku, en tant que perception spontanée au gré du sentier, avait ainsi renforcé chez Kerouac la conviction que l'expérience spirituelle est déplacement, au delà de la raison, à l'intérieur de la nature, au cœur du monde.

1) Tom Clark. 2) «Mais ce fut l'incomparable expression d'Ashvagosha qui me rendit dépendant de la véritable morphine de Bouddha: "Sois en paix au delà du destin" – ...» «Escapade», October 1959, in The Last Word and Other Writings , Zeta Press, 1986, p. 22. 3) Ann Charters, Kerouac: A Biography , Picador, London, 1978 (traduction française: Kerouac: le vagabond , Gallimard, 1975) pp. 181-82. Un sutra est un discours, un sermon, un dialogue ou un texte. 4) Gerald Nicosia, Memory Babe, A critical Biography of Jack Kerouac , Grove Press, Inc., New York, 1983, p. 458 (Traduction française: Memory Babe: une biographie critique de Jack Kerouac , Éd. Verticales, 1998). 5) «Ce qui a réellement influencé mon œuvre est le bouddhisme mahayana, le bouddhisme originel de Gotama Sakyamuni, le Bouddha lui-même, de l'Inde ancestrale... Mais mon bouddhisme sérieux, celui de l'Inde ancienne, a influencé cette part de mon écriture que l'on pourrait appeler religieuse ou fervente ou pieuse, presque autant que le catholicisme ne l'a fait.» Ted Berrigan, «The Art of Fiction», Paris Review II, no. 43, Summer 1969, p. 84. 6) Barry Gifford and Lawrence Lee, Les vies parallèles de Jack Kerouac , Off, Henry Veyrier, 1979, p. 209 ( Jack's Book , St Martin's Press, 1978). 7) «The Art of Fiction», op cit. , p. 84-85. 8) Ibid. , p. 68. 9) Ibid. , p. 84-85. 10) Jack Kerouac, Desolation Angels , Granada, 1979, p. 81 (Traduction française: Les anges de la désolation , 1998). 11) Tao-tô-king , La Pléiade/Gallimard, 1980, XXIII p. 26, LVI, p. 59. 12) Ibid. , XL, p. 43. 13) Jack Kerouac, Visions of Gerard , McGraw-Hill Book Company, 1976, pp. 8-10. (Traduction française: Visions de Gérard , 1972). 14) On Love and Barley, Haiku of Bashô , Penguin Books, 1985, p. 16. 15) William J. Higginson, The Haiku Handbook , Kodansha International, 1989, p. 10. 16) Jack Kerouac, Les clochards célestes , Folio, 1993, p. 314. 17) Nous faisons référence ici au wabi , idéal esthétique du zen. Il s'agit de l'esprit de pauvreté, une appréciation du commun dont la forme la plus accomplie est probablement la cérémonie du thé qui, depuis la simplicité des ustensiles utlisés dans la préparation du thé jusqu'à la structure même de la hutte à thé, honore l'humble. Voir On Love and Barley, Haiku of Bashô , op cit. , p. 10. 18) Tao-tô-king , op cit. , XLVIII, p. 51. 19) Alain Kerven, Malgré le givre , Éd. Folle Avoine, 1987, p. 34. 20) Ibid. , p. 27. 21) On Love and Barley, Haiku of Bashô , op cit. , p. 18. 22) Malgré le givre , op cit. , p. 30. 23) On Love and Barley, Haiku of Bashô , op cit. , p. 10. 24) Tao-tô-king , op cit. , XLVIII, p. 267. 25) Dictionnaire de la sagesse orientale , Bouquins, 1989, pp. 668-69. 26) Les clochards célestes , op cit. , p. 162. 27) Henry David Thoreau, Walking , Beacon Press, Boston, 1991, p. 71. 28) Thoreau indique également l'autre possibilité étymologique. Saunter viendrait du français sans terre , ce qui signifierait n'avoir pas de foyer ou bien être chez soi partout. Cependant, il préfère la première solution, car selon lui, toute marche est «une sorte de croisade prêchée par quelque Pierre l'Ermite en nous, pour avancer et reconquérir cette Terre sainte des mains des Infidèles». Ibid. , p. 72.

JACK KEROUAC ET LE HAÏKU: Itinéraire dans l'errance

Peu connus du grand public, les haïkus de Jack Kerouac – courts poèmes inspirés par le bouddhisme zen – recèlent une vision poétique du monde qui ne transparaît pas dans son œuvre romanesque. Regroupés sous la forme d'un itinéraire, cette centaine de haïkus, dont certains inédits, offre au lecteur une perception originale et fulgurante du quotidien; le lecteur découvrira cette perception grâce à un art poétique de style minimaliste tout empreint de spontanéité, de fraicheur, d'humour, et d'acuité réaliste. Dans cet ouvrage, les auteurs se sont attachés à présenter la manière dont Kerouac a utilisé le genre poétique du haïku pour pénétrer au cœur même des êtres et du monde et retrouver le sacré et l'essentiel dans le quotiden.

Cette promenade guidée s'instaure autour de trois grands thèmes: «Aux sources de la nature», «Dans le sillage de la vie quotidienne américaine», «Instantanés de vie». le haïku suscite, parfois, plusieurs résonances. Aussi le lecteur pourra-t-il ensuite cheminer à loisir parmi la sélection de haïkus traduits en fin d'ouvrage.

PRÉSENTATION DES AUTEURS

Bertrand AGOSTINI, docteur ès lettres, auteur d'une thèse sur Jack Kerouac (1991) et spécialiste de littérature américaine, enseigne l'anglais et la littérature à l'École Supérieure d'Agriculture et à l'Université Catholique d'Angers. Il coanime avec Christiane Pajotin un séminaire de communication interculturelle auprès d'étudiants-ingénieurs en 5e année axé sur perceptions, langages et représentations du monde. Il est également l'auteur de plusieurs articles sur Kerouac et la Beat Generation. Il a collaboré à une émission sur Kerouac dans le cadre des Chemins de la Connaissance sur France Culture en juin 1988. Enfin, en tant qu'auteur de scripts et d'entretiens, il a participé à la réalisation de deux documentaires vidéo de 26 minutes sur des sujets de culture américaine, en collaboration avec l'École Polytechnique et plusieurs universités américaines.

Christiane PAJOTIN, linguiste, enseigne la communication interculturelle et la sémantique à l'École Supérieure d'Agriculture d'Angers et à l'Institut National d'Agronomie de Paris-Grignon. Pendant 17 ans, elle a assuré le cours supérieur de langue française au Centre International d'Études Françaises de l'Université Catholique d'Angers. En collaboration avec Bertrand Agostini, elle anime plusieurs modules de communication centrés sur la créativité, l'argumentation et les représentations mentales. D'autre part, elle a présenté des communications dans de nombreux colloques, notamment sur les «catégories mentales et le changement» à l'IAE d'Aix-en-Provence en 1994. Membre du réseau Odyssée émanant du Ministère de l'Agriculture, elle participe, depuis 5 ans, à une réflexion sur la formation humaine dans les établissements supérieurs d'Agronomie et Vétérinaires. Dans ce contexte, elle a rédigé un article paru dans la revue Pour sur «la culture et l'ingénieur» (no. 151, 1996).

IMAGES

  1. Quelques règles à respecter

    regle a respecter dans lislam

  2. Épinglé sur Tableau a imprimer mixte

    regle a respecter dans lislam

  3. Affiches

    regle a respecter dans lislam

  4. Affiche Les règles de la maison

    regle a respecter dans lislam

  5. Panneaux et autocollants

    regle a respecter dans lislam

  6. Sivom

    regle a respecter dans lislam

VIDEO

  1. Règle numéro 1, laisser passer le plus rapide ! ⛷️

  2. Régle N°1: ne jamais faire confiance à siri #siri

  3. Règle numéro respecter la règle numéro 1 🤝 #boxing #street

  4. Manque de respect sur un livre scolaire !?

  5. Réponse laïque

  6. LIVE| 7 PHRASES UTILISÉES PAR UN MANIPULATEUR

COMMENTS

  1. Chapitre 6: Les règles de la religion

    Ces deux groupes doivent rattraper les jours de jeûne par la suite et donner 10 "Sir" de blé aux pauvres, pour chaque jour (environ 10 grammes). 6. Les gens âgés pour qui le jeûne est dangereux ou trop pénible. Premier rappel: Les gens âgés peuvent rattraper leurs jours de jeûne, dans des conditions plus favorables.

  2. Règles à respecter par celui qui donne des conseils

    Extrait de Djamee al-ouloum wal-hikam,p.80. -le conseiller doit être sincère et ne chercher que complaire à Allah.Il ne doit pas vouloir se montrer supérieur à son confrère bénéficiaire de ses conseils. -le conseil ne doit comporter aucune tricherie ni trahison.

  3. Le respect (partie 1 de 3)

    Le respect inclut le fait d'aimer, pour nos frères et sœurs en islam, ce que nous aimons pour nous-mêmes. Cela implique également de traiter les autres comme nous souhaiterions être traités et comme nous espérons que Dieu nous traitera : avec compassion, amour et miséricorde.

  4. Le système moral en islam (partie 1 de 2) : Les normes morales

    L'islam reprend toutes les vertus morales connues et répandues et, dans un bel équilibre, attribue à chacune une place et un rôle appropriés dans le grand tableau de la vie. Le système moral islamique apporte une envergure nouvelle à la vie individuelle et collective et guide l'homme dans toutes ses activités domestiques, civiques ...

  5. Des principes et des règles (donc des Umûr Ta ...

    L'islam a indiqué aux hommes et aux femmes des règles à respecter lors de la présence, dans un lieu, de personnes des deux sexes et ne constituant pas les uns par rapport aux autres des proches parents. Il y a une attirance naturelle entre l'homme et la femme, et l'islam ne demande pas de chercher à éradiquer cette attirance.

  6. L'islam selon Tareq Oubrou #5 : les règles et les principes

    Ce qu'on appelle les règles dans l'islam, poursuit le recteur de la mosquée de Bordeaux. À ne pas confondre avec les principes éthiques qui, eux, ne changent pas en fonction des sociétés.

  7. Les cinq piliers de l'islam

    3. L'aumône. L' aumône envers les pauvres et les nécessiteux occupe une place importante dans l'islam. Parmi toutes les manières possibles de faire l'aumône, la plus formelle consiste à payer un impôt, la zakat, l'un des cinq piliers de l'islam. Le montant de la zakat que doit verser une personne est un pourcentage de sa fortune.

  8. L'éthique et la moralité sont essentielles en l'Islam et à la

    L'Islam n'est pas extérieur à la vie de tous les jours Il s'agit d'une soumission fondamentale à Allah de l'existence de l'individu L'éthique et la moralité sont essentielles en Islam et à la communauté musulmane ou au musulman Les musulmans croient que le déclin de la communauté trouve son origine dans son immoralité et son manque d'éthique L'Islam fournit à ses ...

  9. La moralité et l'éthique, en islam

    Vu son importance dans une société saine, l'islam encourage la moralité et tout ce qui y mène et s'oppose à la corruption et à tout ce qui y mène. Le principe directeur du comportement du musulman est l'action vertueuse; ce terme s'applique à toutes les actions et non seulement aux actes d'adoration. Et le juge de toute action ...

  10. L'obligation de respecter les recommandations d'Allah

    Ces versets indiquent l'obligation de respecter les recommandations d'Allah dans toutes les situations et toutes les conditions. Chaque situation a des règles particulières propres à elle. La paix a des règles particulières ainsi que la guerre, la convention, la sûreté, le pacte…etc. Les branches de la jurisprudence musulmane ...

  11. Islam et droits humains: droits des femmes

    Dans l'Islam, le mariage est un contrat entre un homme et une femme, les deux devant en principe être consentants. Si les mariages arrangés sont de fait devenus plus rares en ville, ils restent cependant fréquents à la campagne, avec ou sans le consentement des futurs époux (on parle alors dans ce dernier cas de mariage forcé).

  12. Charia, droit musulman, constitutions : comment faire du droit avec l

    En outre, l'article 6 investit l'État de la « protection de la religion », ce qui, dans un État dont la religion est constitutionnellement l'islam, revient à ouvrir la possibilité de ...

  13. PDF Charte des principes-17.01.2021

    La présente « charte des « principes », a pour objectif, clairement énoncé, de lutter contre toute forme d'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques et/ou idéologique. Les signataires s'engagent donc à refuser de s'inscrire dans une quelconque démarche faisant la promotion de ce qui est connu sous l'appellation ...

  14. Mohammed Al Issa : « Un musulman qui ne respecte pas les lois de la

    Celui qui entre dans un pays a l'obligation de respecter les lois et la culture du pays où il est, sinon il doit le quitter. ... arrêté en 2012 pour « insulte à l'islam » puis condamné ...

  15. La condition de la femme dans l'Islam

    La femme dans Islam est : lumière, pudeur, bon comportement, chasteté, pureté, beauté…. Chez elle avec son mari et ses enfants, elle est servie, honorée, chérie, respectée, préservée, et aimée. Elle a été créée à partir de la côte de l'homme, les rendant ainsi inséparable, se complétant, et dépendant l'un de l'autre ...

  16. Les règles du rapport sexuel

    L'islam nous enseigne la bonne éducation, même dans les rapports sexuels entre le mari et son épouse, pour que cette relation soit digne de l'être humain et qu'elle réalise les objectifs souhaités du mariage. Parmi ces règles de bonne manière nous citons : 1/ Se parfumer avant le rapport sexuel. Il a été rapporté dans les deux ...

  17. Le respect des morts selon le droit islamique

    Dans de nombreuses civilisations, traditions et religions, anciennes et modernes, la mort n'est qu'un passage entre une étape de la vie et une autre[1] L'inhumation des morts est donc l'une des façons de veiller à la dignité et au respect des morts et de respecter la sensibilité de leurs proches. Tout au long de l'histoire, les ...

  18. L'Islam et les droits du voisin

    Il est à noter que dans tous les Hadiths que nous venons de mentionner, il n'y a aucune distinction qui est faite entre le voisin musulman et non musulman, ce qui signifie que les recommandations du Prophète s'appliquent dans les deux cas, comme cela est d'ailleurs explicitement précisé dans d'autres Traditions.D'ailleurs les jurisconsultes n'ont pas manqué de souligner l'existence ...

  19. The New Humanitarian

    Respecter les promesses faites ou les contrats signés est un principe très important dans l'islam. « Les modérés et les salafistes s'accordent sur la validité [de l'aman], mais il faut le négocier et s'assurer que les autres groupes savent que vous êtes protégés par ce concept », a dit Andrew March, professeur agrégé de ...

  20. Ahmadiyya Muslim Community

    Al Islam - Official website of Ahmadiyya Muslim Community - an Islamic organization, international in its scope, with branches in over 200 countries. This is the most dynamic sect of Islam in modern history, with membership exceeding tens of millions.

  21. Mimsa Islam · County of Santa Clara

    760. Address. 500 Tully Rd. San Jose. CA 95111-1917. Telephone. 4088855000. Professional Accepts Medicare Assignment. Y - Accepts Medicare approved amount as payment in full.

  22. Islamic Network Group (ING): Fostering Peace and Unity

    Join us in Combatting Islamophobia and Antisemitism. Jewish and Muslim participants in an ING Muslim-Jewish bridge-building event. Thank you for responding favorably to our previous email on countering Islamophobia and antisemitism together as Muslims and Jews. Since October 7th, we've delivered over a dozen Muslim-Jewish panels on countering ...

  23. Jack Kerouac, Haiku, Terebess Asia Online (TAO)

    En effet, Kerouac fournit ici un exemple de haïku composé dans le respect des règles classiques. Le poème comporte un kigo (mot de saison) et un kiregi (césure). En outre, il est construit à partir d'une perception soudaine (feuille collée au dos du moineau) et d'une condition ou situation (vent/moineau).